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L’association Nagham organise la soirée Rencontre des sommités au Mégarama de Casablanca

Farid Senhaji, président de l’association Nagham

Farid Senhaji, président de l’association Nagham

“Nous militons pour préserver la chanson arabe”

Patrimoine. L’association Nagham organise la soirée “Rencontre des sommités”, le 12 juin 2015,  au Mégarama de Casablanca, pour commémorer le 40ème anniversaire de la disparition de la diva  de la chanson arabe, Oum Keltoum. Dans cette interview, Farid Senhaji, président de Nagham,  s’exprime à propos de cette soirée.

Maroc Hebdo: L’association  Nagham, dont vous êtes le  président, organise la soirée  “Rencontre des sommités”, le 12  juin prochain. Pouvez-vous nous en  dire plus sur cet événement?
Farid Senhaji:
Pour ce qui est du  programme de la soirée, nous avons souhaité commémorer le  40ème anniversaire de la disparition  de la plus grande diva que le monde  arabe ait connue, Oum Keltoum, et  nous avons choisi comme thème  de la soirée, ce que les grands  mélomanes du tarab arabi ont  désigné par la “Rencontre des  sommités”, likaa sahab en arabe,  c’est-à-dire la rencontre qui a réuni  les deux géants de la chanson  arabe, Oum Keltoum et Mohamed  Abdelwahab. Cette rencontre a eu  la particularité de s’être produite  tardivement dans la longue  carrière de ces deux grands, et  grâce à l’impulsion du président  égyptien, feu Jamal Abdennasser.  En effet, ce n’est qu’en 1964 que  Oum Keltoum a chanté Inta Omri,  sa première chanson composée par  Mohamed Abdelwahab, et ce fut  le début d’une collaboration qui a  donné naissance à de grands chefs  d’oeuvre qui font référence dans le  patrimoine de la chanson arabe.

Pourquoi ce choix de commémorer  40 ans de la disparition d’Oum  Keltoum?
Farid Senhaji:
Nous pensons  que la commémoration du 40ème  anniversaire de la disparition  d’Oum Keltoum s’impose pour  célébrer la mémoire de cette icône  du monde arabe. C’est pour nous une formidable occasion pour que  le public marocain vive un grand  moment d’art et de souvenir par  l’écoute de l’interprétation de  quelques-unes de ses plus belles  chansons.

Pouvez-vous nous détailler l’action  de votre association?
Farid Senhaji:
Notre association,  Nagham, milite, depuis sa création  il y a 7 ans, pour la préservation et  le développement de la chanson  arabe, aussi bien orientale que  marocaine. Nous organisons des  activités culturelles et sociales  ayant un lien avec notre périmètre  d’action, mais le volet artistique  reste, bien entendu, privilégié pour  la réalisation de notre objectif.

Est-ce la première fois que votre  association fête une figure de la  chanson arabe?
Farid Senhaji:
Un des objectifs de  l’association est de célébrer les  grandes figures qui ont marqué  la chanson arabe: auteurs,  compositeurs ou chanteurs, et de  faire connaître au public leur vie,  leur oeuvre et leur apport à ce noble  art, et ce à travers, notamment,  des conférences et des grandes  soirées à thème. Et c’est ainsi  que nous avons rendu hommage  à Abdelhalim Hafez, Asmahane,  Fayrouz, Ahmed Tayeb El Alj,  Mohamed El Hyani, Abdelwahab  Doukkali, Abdelkader Rachdi, et à  d’autres. Et nous essayons, dans  notre programmation, de faire  coïncider nos événements avec des  dates anniversaires qui ont marqué  l’histoire de la chanson arabe.

Pensez-vous qu’Oum Keltoum garde  encore sa popularité d’antan?
Farid Senhaji:
C’est comme si vous  posiez à un Européen la question  de savoir si Mozart a toujours un  public. Mozart continue d’être  joué dans les plus grands opéras  à travers le monde. Oum Keltoum  n’a jamais cessé d’être écoutée et  chantée par les jeunes et les moins  jeunes. Dans toutes sortes de  lieux: conservatoires, restaurants,  grandes salles de spectacles, à la  télé, à la radio… et partout dans le  monde arabe.  Nous n’avons aucun doute qu’il  y a un grand public au Maroc qui  continue d’écouter avec passion  les chansons d’Oum Keltoum et qui  n’attend que des occasions comme  celle que lui offre notre association  le 12 juin 2015 pour apprécier  encore et toujours une partie du  merveilleux répertoire qu’elle a  laissé.

Le “tarab arabi” a-t-il toujours une  place sur la scène artistique?
Farid Senhaji:
C’est vrai que le  monde bouge, les goûts évoluent.  De nouveaux genres musicaux  apparaissent et gagnent un large  public, notamment parmi les  jeunes. C’est dans la nature des  choses, et c’est l’essence même  de la création artistique. Mais il y a  les grandes oeuvres qui résistent au  temps et traversent les générations.  La grande tradition du tarab arabi  continuera de vivre et aura toujours  un public, et la mission que nous  nous sommes assignée comme  association, c’est justement de  contribuer à le faire vivre et à le  faire connaître et apprécier par les  nouvelles générations.

Vous avez opté pour trois artistes  marocains, Sanae Abdelhamid,  Salma Rachid et Jamal Harmass,  pour animer cette soirée. Pourquoi  ce choix?
Farid Senhaji:
Dans le choix des  artistes pour notre soirée, nous  tenons, bien entendu, à présenter  un plateau artistique de haut  niveau, mais nous estimons  également que nous nous devons  d’encourager les jeunes talents  marocains dont certains ont  d’ailleurs déjà brillé sous d’autres  cieux grâce à leur excellent niveau.  Et le choix de jeunes artistes, c’est  une façon pour nous d’assurer le  transfert du savoir-faire et de la  connaissance, une manière de faire  porter par les jeunes le flambeau  de la grande chanson arabe, et de  transmettre le patrimoine du tarab  arabi aux générations futures.

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