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L’ascenseur social en panne

Malgré les efforts d’investissements consentis par le Royaume

Les équilibres macroéconomiques sont encore une fois sauvegardés, mais au prix d’une aggravation des inégalités et des déficits sociaux.

Le bien-être pour tous n’est décidément pas à l’ordre du jour de nos gouvernants. Chaque année, à l’occasion de la présentation des résultats macroéconomiques, les constats empreints de satisfaction sont les mêmes. À l’instar de ses prédécesseurs, Mohamed Boussaid, ministre de l’Économie et des finances, n’a pas manque l’occasion, lui aussi, pour nous rappeler, le vendredi 26 janvier 2018, au siège du ministère, comme il l’a fait jeudi 18 janvier au cours de son intervention à la traditionnelle rencontre de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc, que les équilibres macroéconomiques se sont rétablis: une croissance de 4,6% en 2017 par rapport au 1,2% de 2016. Un compte courant de la balance des paiements (en % du PIB) en amélioration: -moins 4% au lieu d’un moins 4,3% et surtout un déficit budgétaire (en % du PIB) en baisse, passant de moins de 4,1% en 2016 à moins de 3,5% en 2017. Qui dit mieux?

Or, si ces indicateurs macroéconomiques se sont relativement bien comportés, il n’en est pas de même du côté des secteurs sociaux. Si plus de 130 milliards de dirhams (soit 50% du budget) sont alloués au profit du social, ce dernier continue à souffrir d’un ciblage inadéquat en faveur des couches les plus vulnérables.

Un ciblage inadéquat
En effet, malgré la multiplicité des programmes sociaux tels que Ramed (11,46 millions de bénéficiaires), Tayssir (plus de 736 milliers d’élèves), l’INDH (plus de 10 millions de bénéficiaires en 2005-2016), l’aide directe aux 90.000 femmes veuves, les 360.000 bourses par an aux étudiants à l’université et les autres initiatives royales telles que la distribution de cartables à plus de 4,26 millions d’élèves, les efforts en matière des secteurs sociaux restent en deçà des enjeux économiques et sociaux.

De l’aveu même de Boussaid, en plus de la question insoluble du chômage, l’ascenseur social ne fonctionne plus. Lors de son passage à la Chambre française de commerce, le ministre de l’économie persiste et signe: «l’emploi est un vrai problème et nous n’avons pas de solution miracle», avoue-til. En théorie, le problème du chômage «se règle par l’accélération de la croissance, sauf que celle-ci a pratiquement atteint son potentiel alors même que le Maroc connaît une transition démographique». Et de continuer: «cela se traduira par l’arrivée massive de jeunes diplômés sur le marché du travail favorisé par la généralisation de la scolarisation ».

Sur un autre plan, malgré les efforts d’investissements consentis par le Royaume dans le domaine de l’enseignement, les résultats ne sont pas à la hauteur. «Je fais partie de cette génération pour laquelle l’école a été une bouée de sauvetage», mais aujourd’hui, dit-il, «cet ascenseur social ne fonctionne presque plus».

Donc, tout reste à faire, pour transformer le système économique et social et le rendre moins fortement inégalitaire et ce, en le rendant plus ouvert aux classes sociales défavorisées. Utopique, diront certains, en ces temps où certaines régions du Royaume broient du noir. Eh bien, non! Car, si notre pays ne manque pas de problèmes, nombreuses sont les bonnes volontés désireuses d’agir pour les résoudre. Il suffit de leur donner la possibilité de le faire et ce, en créant ce climat de confiance qui nous fait dramatiquement défaut.

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