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L’animal politique

Driss Fahli

Le blocage dans la constitution du gouvernement est un comportement déraisonnable

Ça va faire bientôt  un semestre que le  Maroc roule bien  sans nouveau gouvernement.  Cela nous  persuade, dans un mauvais  exemple, que dans  notre pays, un gouvernement ça  ne sert à rien, si ce n’est qu’à  mettre les bâtons dans les roues  du Royaume, à valider des décisions  qui étouffent le citoyen et  qui chargent son fardeau. Ceci dit,  nous ne sommes pas les seuls à  avoir vécu cette situation. D’autres  royaumes ont profité de la même.  La Belgique a vécu 541 jours de  félicité sans gouvernement et l’Espagne  300 jours.

Les causes de ce bout de chemin  en «vogue la galère» était une  asymétrie culturelle et économique  entre leurs régions, doublée  d’une stupidité de dissymétrie  politique entre des partis incapables  de s’entendre entre eux sur  le partage du gâteau.

Rien d’étonnant car les partis,  à l’instar des personnes qui les  composent ont des degrés de  sociabilité à fleur de peaux. Tout  contact avec les individus ou les  entités qui ont un avis différent  sur la conduite de leur vie n’est  qu’une pénible nécessité. Aristote  le savait déjà pour avoir statué  que «l’homme est un animal  politique».

Contrairement aux animaux où  domine la loi du plus fort, on est  contraint chez l’humain politique  de faire de la place pour le crétin,  l’intelligent, le bandit, le profiteur,  l’opportuniste, le niais et les stupides  pour ne pas utiliser un qualificatif  saillant. J’utilise le pluriel  pour le dernier mot car l’humanité  est ainsi faite.

Mère nature s’est arrangée pour  pondre, à taux constant, plus  de crétins et de stupides que de  personnes sensées. Remarquez  que je n’ai pas opposé la stupidité  à l’intelligence. La stupidité  ne manque pas non plus chez les  gens intelligents. Parfois elle foisonne  chez les top intelligents. Ne  vous méprenez pas sur le sens de  la stupidité: Est stupide tout être  (animal ou humain) qui provoque  des dégâts chez l’autre sans en  tirer lui-même profit, voire parfois,  en s’infligeant des pertes à  en devenir crétin.

Les personnes stupides, si elles  sont dotées de pouvoir politique  ou d’éminences quelconques  peuvent infliger des dommages  effarants à toute un peuple. Le  parti de l’Istiqlal avec l’instauration  de l’arabisation pure et dure  de l’enseignement et le PJD avec  l’amalgame entre la langue arabe  et religion en sont les archétypes  parlants marocains. Plus dévastateur  encore la destruction des  tours du World Trade Center et le  saccage de l’Irak qui s’en est suivi  décidé par Bush et ses acolytes.  On pourrait dire pour résumer que  tout comportement déraisonnable  est une stupidité.

Ainsi, le blocage dans la constitution  du gouvernement Benkirane  2 est un comportement déraisonnable,  donc une stupidité malgré  le fait que son impact négatif sur  la marche des choses est gommé  par l’hyper-action royale.

Le must de la stupidité est illustré  par les élections. C’est l’occasion  pour les électeurs stupides  de nuire à tous les autres, voire  à toute la planète, sans rien y  gagner. Cette masse importante  de votants stupides vont permettre  le maintien au pouvoir, au  nom d’une clownesque démocratie,  d’une bonne fraction de stupides  plus margoulins qu’eux à la  tête des institutions.

Les hommes, et ceux politiques  en particulier, devraient s’inspirer  des animaux où la stupidité  n’est présente que par une faible  transmission génétique. Partant  de cet aphorisme, Benkirane  prend le temps nécessaire pour  constituer sa ménagerie d’animaux  politiques. Une ménagerie  patiemment constituée est une  expression de despotisme où les  animaux paisibles ont une liberté  conditionnelle et ceux féroces  sont matés en cages

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