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« L’Amour dans les pays musulmans », de Fatema Mernissi

Une reconfiguration biaisée de l’amour par quelques musulmans doit, à lire ce livre, décevoir plus d’un ancêtre. De l’effusion de l’expression… à la méfiance actée.

Le vaste populaire est jusquelà éternel… d’autant plus qu’il traine tout l’amour… ou n’est ici qu’amour. Non les musulmans ne sont pas à l’ouest de l’amour, comme le veut la coquette géographie du titre. Si celle-ci met le complément de l’amour, voir le titre, à l’ouest. Fatema Mernissi nous dit non. C’en est plutôt le nord. L’amour est d’abord le fait des musulmans. Preuve à l’appui, au fil d’errances bien choisies, l’auteure reprend l’amour à l’Europe, ou plutôt son étymologie, pour le faire avant tout arabe. Oui, oui. Non seulement cela, mais il a fallu dénicher, et pour rendre à Harun ce qui est à Harun, les cinquantes nuances, non pas de grey, loin de là, car il s’agit là, n’en déplaise à certains, d’une pureté puritaine…

Il a fallu dénicher donc, les cinquante nuances d’amour, ou d’expressions heureuses, allant de l’amourachement anodin, au délire amoureux ou, comme le veut l’arabe, Huyam… et l’on reste baba devant celles de chez nous qui conservent fièrement ce doudou.. car, la défunte nous dit qu’il s’agit là d’une maladie de chameau qui fait de lui un à-jamais-assoiffé… et des curiosités telles, vous en avez à ramasser… ce qui fait de ce livre, sans charger la mule, un brasier savant… les arabes d’hier…

comme un roman d’aujourd’hui … c’est donc parti de là pour couper avec le reste.. Le reste, ici, est notre époque. La sociologue puis écrivaine, ayant le passé comme encrier, et le présent comme plume, dit ligne sur ligne, que l’ascétisme, voire le machisme, qu’on oppose à l’amour, est la naissance du jour…. Que l’amour n’est pas lourdeur d’esprit… qu’il occupait les têtes les mieux faites. A l’exemple, de Harun Rachid, qui veillait des nuitées à penser la chose, appelle au philosophe pour mieux la garantir…ou la définir. Un Harun qui faillit tout laisser, y compris le trône… surtout le trône, pour l’amour majesté….

La révolte d’hier…
un peu plus loin, on apprend, et le cas en est un, que l’amour platonique, ou ce qui s’apparente chez les Arabes d’hier à l’amour virginal, n’est pas une abstinence gratuite, puritaine, ascétique… mais plutôt un frein d’abord politique et économique…oui, le concept grec est tout autre… ou même stendhalien…proustien… perçu par beaucoup comme un masochisme, voilà. Bien sûr, le cas d’école de Qays et Leila suit. Lui, ne pouvait l’avoir… là où la fatalité emboîte le pas au libre arbitre…bien sûr, l’on ne peut lire Fatema Mernissi sans l’entendre parler femme. Ici, dans quelques têtes d’antan ou éculées déjà, on peut comprendre, moyennant le texte, que quelques musulmans aiment les raccourcis… comment? Le précepte religieux préconise la mise à cage du désir, du moins jusqu’à l’emploi correct…

ces mêmes têtes ont vu rapide ou court…: si le désir est féminin…cernons plutôt la femme… l’auteure ne laisse pas de brandir quelques «féministes» avant gardistes comme Soukayna, la petite fille de Ali ibn Abi Talib, qui émit et devant Adouls de ces vœux d’ailleurs… d’abord, c’était ou la polygamie ou elle, le voile était peut-être pour les autres mais pour elle il faut courir…. Un temps où le harem était chez lui, où la femme fut enfant. Et pourtant…

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