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L’amazighité, source de richesse culturelle

Abdellatif Mansour

Le Maroc pluriel est en marche

La constitution de 2011 a fait du parler Amazigh une langue nationale.

L’année amazighe, célébrée le 14 janvier, provoque chaque année une curiosité collective animée par le désir de savoir. Le nouvel an qui débute est le 2968ème du genre. C’est particulièrement ce chiffre qui suscite le plus d’étonnement. D’où nous vient-il, alors qu’il devance la datation chrétienne et musulmane? N’arrive bien avant lui que l’année hébraïque. Et puis, par rapport à quoi classer ce calendrier parmi les autres? Il s’agit, nous dit-on, de la victoire du roi amazigh Sheshronq, qui a pu reconquérir l’ancienne Egypte 950 années avant JC.

Le problème reste entier. Que faire de cette culture millénaire? Comment répondre aux animateurs du mouvement amazigh qui veulent officialiser, institutionnaliser l’amazighité dans tous les domaines de la vie sociale, éducative et culturelle? À ces questionnements légitimes, le Maroc a répondu par des mesures concrètes, voire avant-gardistes en la matière. Il y a eu en premier la création de l’IRCAM (Institut royal de la culture amazighe marocaine), créé par S.M. Mohammed VI le 27 octobre 2001. Cette institution académique, présidée par Ahmed Boukous, universitaire connu, a pour vocation la promotion de la culture et le développement de la langue amazighe. Une langue donnée pour morte, qui reprend vie par son intégration dans les programmes scolaires. En fait, si l’écrit par l’alphabet tifinagh s’était éclipsé, le parler par les trois variables, tarifit, tamazight et tachlhit n’ont jamais cessé de vivre, du Nord au Sud du royaume.

Au cours de la même année, le complexe Moulay Rachid à Bouznika, devait abriter, du 22 au 24 juin 2001, des activités culturelles organisées par le comité du Manifeste amazigh. Cette manifestation a été interdite et les participants dispersés par les forces de l’ordre. Pourtant, le Manifeste en question a été rédigé par Mohamed Chafiq, figure emblématique du mouvement amazigh. La constitution de 2011 a fait du parler amazigh une langue nationale, juste derrière l’arabe. Au lieu d’être un facteur de division, l’amazighité est reconnue comme composante essentiel d’un Maroc pluriel aux plans culturel et linguistique. Bien du chemin a été parcouru. Car il fut un temps où l’amazighité était un sujet tabou. Mohamed Chafiq, ancien directeur du Collège royal sous Hassan II, en sait quelque chose.

Comme pour tous les mouvements du même type, celui défendant l’amazighité n’a pas échappé. D’aucuns y sont allés gaiement par des acoquinements inadmissibles avec des milieux douteux. On a alors eu droit à des déclarations du genre “Israël n’est pas notre ennemi”; sous entendu ou explicitement entendu, les Arabes oui, ce sont nos ennemis. En plus d’être anti-nationales, ces sorties déclaratoires vont à l’encontre de l’esprit et de la lettre du mouvement amazigh. Quant à faire du 14 janvier un jour férié au niveau national, cette revendication finira bien par être satisfaite

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