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Quand l’Algérie noie le poisson

VIOLATIONS DU POLISARIO AU SAHARA MAROCAIN

En menant des manoeuvres militaires à l’Est du mur de défense marocain, le Polisario et, derrière lui, l’Algérie semblent vouloir détourner l’attention internationale alors qu’ils ont été poussés ces dernières mois dans leurs derniers retranchements.

Selon toute vraisemblance, l’Organisation des Nations unies (ONU) ne veut pas miner le processus que l’envoyé personnel de son secrétaire général au Sahara marocain, Horst Köhler, a initié en décembre 2018 dans la ville de Genève, en Suisse, et qui vise à mettre fin au conflit autour de la région. C’est ce qui semble, en tout cas, motiver les propos tenus par le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, qui a déclaré le 11 janvier 2019 lors d’un point presse à New York que «rien» n’a été «observé qui puisse constituer une violation» de l’accord militaire n°1 signé le 24 décembre 1997 entre les Forces armées royales (FAR) marocaines et le mouvement séparatiste du Front Polisario et qui fixe les conditions du cessez-le-feu entre les deux parties.

Quelques heures plus tôt, le représentant permanent du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, avait ainsi saisi le Conseil de sécurité et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, pour porter à leur connaissance ce qu’il avait qualifié de «violations» et de «provocations» du Polisario, qui sont donc les énièmes de ce dernier depuis août 2016 (le mouvement séparatiste avait déjà, rappelons-le, été sommé en avril 2017 de retirer ses éléments positionnés dans la zone tampon entre le Maroc et l’Algérie, où il tient son quartier général depuis le début du conflit en novembre 1975).

Énièmes provocations
Dans le détail, le Polisario a organisé, le 6 janvier, des manoeuvres et des exercices de combat, «avec des équipements lourds et des munitions réelles» selon M. Hilale, à Mheiriz, une localité située à l’Est du mur que les FAR avaient élevé dans les années 1980 pour prévenir toute agression de l’Armée nationale populaire (ANP) algérienne, comme lors des deux batailles d’Amgala début 1976 où les éléments de cette dernière avaient pris part aux combats aux côtés des milices séparatistes. Le mouvement avait d’ailleurs luimême reconnu dans une dépêche relayée par son agence de presse Sahara presse service (SPS) avoir exécuté une manoeuvre militaire dans ladite localité, qu’il qualifie de «quatrième région militaire» des «territoires libérés» de la pseudo République arabe sahraouie démocratique (RASD), en présence notamment de son secrétaire général, Brahim Ghali, et avec la participation «de militaires de l’infanterie mécanisée, d’unités de défense aérienne, de génie et d’appui et d’intendance».

Veille satellitaire
Il avait expliqué agir «en application d’exercice (sic) de combats proches de la réalité visant la formation des unités et des éléments ». Selon M. Hilale, Mheiriz a également vu le déplacement le lendemain, 7 janvier 2018, d’une soi-disant «structure administrative » du Polisario, suivi le 8 janvier par le déploiement de deux véhicules militaires dans la zone tampon de Guergarat, à la frontière avec la Mauritanie et où le Polisario avait déjà tenté d’installer des soi-disant «postes-frontières » par le passé, avant donc de devoir plier bagage au risque d’essuyer des sanctions de la part du Conseil de sécurité. Ces violations ont, selon différentes sources, été confirmées par le système de satellite Mohammed- VI, qui déjà, l’année dernière, avait permis de démontrer à travers une série de clichés que le Polisario cherchait à transférer certaines de ses structures administratives et militaires dans la zone tampon fixée au titre de l’accord militaire n°1, de sorte à altérer le statut juridique et historique de cette zone et à en faire une «zone libérée» de la pseudo RASD.

On avait notamment parlé d’un soi-disant «ministère de la Défense», une soi-disant «présidence de la République» et du secrétariat national du Polisario à Tifariti ou Bir Lahlou, deux localités de ladite zone. De ce point de vue, et surtout que le Polisario confirme lui-même les allégations du Maroc, l’argumentaire de M. Dujarric apparaît comme non recevable. Ainsi, selon M. Hilale, les nouvelles violations du Polisario «menacent dangereusement le cessez-le-feu», en plus de constituer «manifestement un affront au Conseil de sécurité et un défi à son autorité ». «Ces agissements constituent une violation flagrante des dispositions de la résolution 2414 du 27 avril 2018, par laquelle le Conseil de sécurité a enjoint au Polisario de se retirer immédiatement de la zone tampon de Guergarate et lui a ordonné de ne pas se livrer aux actes déstabilisateurs de déplacement de structures administratives à l’Est du dispositif de défense au Sahara marocain,» a-t-il plaidé.

Argumentaire irrecevable
L’Algérie, dont on sait du propre aveu de ses dirigeants qu’elle finance, arme et soutient diplomatiquement le Polisario, est pour l’heure demeurée bien silencieuse et apparait comme l’instigatrice des manoeuvres du mouvement séparatiste, surtout qu’il est dans son intérêt actuel de noyer le poisson, elle que le Conseil de sécurité a considérée dans sa dernière résolution du mois d’avril 2018 comme une partie prenante du conflit du Sahara marocain, et non comme un simple pays voisin.

En outre, elle botte en touche à chaque fois que les autorités marocaines mettent sur la table la proposition formulée le 6 novembre 2018 par le roi Mohammed VI dans son dernier discours du Trône de mettre en place un mécanisme de dialogue commun, ce qui avait d’ailleurs amené le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, à convoquer l’ambassadeur d’Alger à Rabat dans son bureau, pour le sommer de donner une réponse claire à ladite proposition.

Rappelons que cette dernière avait été salué par nombre de pays de par le monde et même par M. Guterres, qui par l’intermédiaire de M. Dujarric s’était dit «favorable à un dialogue renforcé» entre les deux voisins maghrébins.

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