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L’Algérie des généraux et le Sahara marocain

Abdellatif Mansour

Le coût pour le peuple algérien

Il arrivera bien un jour où les dirigeants algériens diront toute la vérité à leur peuple sur le coût financier et politique de cette prise en charge du Polisario et la fixation maladive sur le Maroc.

On se surprend à se demander si l’Algérie est réellement sous la menace d’une tentative d’invasion imminente ourdie de l’extérieur. C’est la seule explication de l’omniprésence de l’armée. Elle est dans tous les rouages de l’État, du haut de la hiérarchie et des centres de décision, au bas de l’échelle et des subalternes de l’exécution. À rappeler que les présidents algériens, depuis l’indépendance, étaient des militaires issus de l’armée française.

À l’exception de Abdelaziz Bouteflika, que l’on veut maintenir pour un 5ème mandat à la tête d’un pouvoir qu’il n’a pas, pour la raison évidente d’incapacité physique à pourvoir aux affaires de l’État. Il n’y a pas pour autant vacance de pouvoir, plus que jamais pourvu par l’armée. Une oligarchie militaire qui ne s’en cache pas. En ce début du 21ème siècle, rares sont les pays encore dans ce cas de figure. Une sorte de réplique à l’identique d’une Corée du Nord sur Bab El Oued. Tous les instituts d’études stratégiques de par le monde confirment la réalité d’une Algérie qui achète des armes à tour de bras et à coups de milliards de dollars. Pour peu que l’on cherche le pourquoi du comment de ce surarmement effréné, on tombe immanquablement sur la question du Sahara marocain. Ce n’est pas assez, mais c’est déjà trop comme élément majeur d’explication.

Nous avons tendance, nous autres marocains, à ne nous adresser qu’aux hommes forts d’Alger retranchés derrière leur arrogance habituelle et leur mégalomanie irrésistible. Nous pensons rarement ou pas du tout à la manière dont le peuple algérien, à savoir le commun des mortels, vit cette implication intense et absolue de leur pays dans cette affaire. L’interrogation «à quel prix» prend tout son sens par les temps actuels, plus que par le passé. Après avoir été au plus haut, la cotation du pétrole est au plus bas, avec quelques rares variations positives, mais néanmoins insuffisantes. À l’évidence, l’Algérie d’aujourd’hui n’a plus les moyens d’assurer au Polisario et à sa RASD le gîte et le couvert, entre encadrement militaire, politique et diplomatique, ainsi que le financement de tout ce dispositif. Cela était possible dans les années 1970, jusqu’à l’an 2000.

Le temps du pétrole cher, fortement appuyé sur un discours tiers-mondiste aux relents démagogiques et parfois misérabilistes, est révolu. Il ne prend plus sur une population algérienne dont les besoins sont pressants et les aspirations à la fois exigeantes et légitimes. La question du Sahara marocain est loin de faire partie de leurs préoccupations concrètes et quotidiennes. On voit mal comment l’État algérien pourrait demander à ses soldats à plein temps et à ses réservistes de s’engager à fond dans un conflit factice, au point de risquer leur vie pour Guerguerat ou pour quelques châteaux de sable, ayant valeur de signes extérieurs d’existence d’un «État fantôme» à Tifariti.

Les instances internationales ont fini par découvrir et par admettre que le beau principe du «droit des peuples à disposer d’eux mêmes» n’est qu’un paravent derrière lequel l’Algérie cache mal ses intentions hégémoniques sur toute la région. La vérité est beaucoup plus simple que ces folies de grandeur d’un autre âge. Les Algériens voudraient circuler librement à travers les pays de la région, particulièrement en direction du Maroc où ils seront bien accueillis.

La culture de la haine qu’Alger a voulu entretenir pendant toutes ces décennies n’a pas pris. C’est précisément pour cette raison que le pouvoir algérien refuse d’ouvrir ses frontières avec le Maroc. Une mise sous tutelle de tout un peuple. Il arrivera bien un jour où les dirigeants algériens diront toute la vérité à leur peuple sur le coût financier et politique de cette prise en charge du Polisario et la fixation maladive sur le Maroc. C’est ce que Amar Saâdani, ancien S.G du FLN, a promis au peuple algérien. Mal lui en a pris. Il a provoqué le courroux de Gaïd Saleh et récolté des reproches bien sentis.

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