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L’Afrique peine à retenir ses talents

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Clôture à Marrakech du colloque international de l’AGEF

La perte de capacités humaines n’est pas que le lot du secteur public. Une grande majorité des entreprises privées n’accordent pas la place qu’il faut à la gestion moderne des ressources humaines.

La vingt-deuxième édition du colloque international de l’Association nationale des gestionnaires et formateurs des ressources humaines (AGEF), dédiée aux dynamiques Ressources Humaines (RH) pour la transformation de l’Afrique, s’est clôturée samedi 5 mai 2018 à Marrakech. Tout au long des deux journées, plusieurs thèmes de réflexion ont été soulevés par les 300 RH présents à l’événement. Parmi les questions qui ont retenu le plus l’attention figure celle de la mobilité des expatriés et des flux de talents. Talents dont a plus besoin le continent africain pour sa transformation future.

La mobilité est plus que jamais une clé indispensable au développement du marché de l’emploi en Afrique. Comment alors tisser un solide réseau de partenaires dont le continent a tellement besoin, et ce dans l’objectif de développer ce modèle de coopération mutuellement bénéfique? Or, si le continent attire de plus en plus d’opportunités d’investir dans le domaine des ressources naturelles, il trouve énormément de difficultés à capter les cerveaux et à retenir les talents.

Atouts mal exploités
Un pays comme la Tunisie a perdu plus de 94.000 talents sur les six dernières années. Dans notre pays, une étude du HCP a révélé que 8 à 9 cadres marocains sur 10 souhaitent quitter le Maroc. Parmi les raisons avancées par ces talents voyageurs, figure aussi bien l’envie de s’épanouir que d’avoir une visibilité de carrière. Soit autant d’opportunités qui font défaut dans les pays africains. Pays qui, par ailleurs, n’ont pas encore réussi à mettre en place tout un système d’incitations seul à même de profiter de l’expertise, du réseau et des moyens de la diaspora. Autant d’atouts mal exploités.

Ni le secteur privé et encore moins le secteur public n’arrivent à motiver suffisamment les ressources humaines locales ne serait-ce qu’en s’inspirant de ces pays qui ont réussi dans le domaine. Ces derniers, plus performants, affichent non seulement une juste adéquation formation-emploi, mais une forte mobilité et un esprit moderne d’entreprise, sans parler d’une forte concertation entre les pouvoirs publics et les entreprises.

Résultat: une perte d’énergie et de capacités humaines, à l’instar de ce qui arrive à notre «secteur public, qui fonctionne à 25% de ses capacités», comme l’a si bien souligné Mohamed Yatim, ministre du travail et de l’insertion professionnelle, lors de son allocution à l’ouverture des travaux du colloque. S’adressant aux professionnels RH, venus nombreux pour participer, aux côtés de Zakaria Rbii, président de l’AGEF, le ministre n’a pas manqué de les «mettre face à leur responsabilité d’être à l’écoute des collaborateurs, de veiller à leur bien-être et de cultiver leur engagement pour qu’ils soient productifs et performants ».

Cette perte de capacités humaines n’est pas que le lot du secteur public, elle est aussi le fait des entreprises privées, dont une grande majorité, notamment parmi les PME, n’accordent pas encore suffisamment la place qu’il faut à la gestion moderne des ressources humaines. D’où l’appel lancé, au cours de ce colloque, par l’ambassadeur du Gabon au Maroc, Abdu Razzaq Guy Kambogo, pour que tous les pays africains puissent «entreprendre des actions audacieuses, courageuses et innovantes, mettant les RH au coeur des dispositifs stratégiques».

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