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Laenser en embuscade

Le XIIIe congrès du Mouvement populaire se tient du 28 au 30 septembre 2018

Alors qu’il se disait prêt, il y a quatre ans, à passer le témoin, Mohand Laenser pourrait bien rester encore aux commandes du Mouvement populaire.

Faire du neuf avec du vieux? Le Mouvement populaire (MP) pourrait très bien sauter le pas à son prochain congrès, treizième du nom et prévu du 28 au 30 septembre 2018 dans la ville de Rabat, lui qui a le même secrétaire général depuis bientôt 32 ans -en octobre prochain-, en l’occurrence Mohand Laenser.

Ce dernier, qui avait pourtant annoncé à sa dernière élection en juin 2014 qu’il ne poursuivrait pas au-delà de son actuel mandat afin de laisser la place aux plus jeunes, ne fait plus grand mystère depuis quelques semaines sur son intention de se représenter, bien que pour l’instant à mots couverts. Dans des entretiens publiés respectivement les 6 et 8 septembre par le journal électronique Le360 et le quotidien arabophone Al-Ahdath Al-Maghribia, M. Laenser a confié ne pas avoir encore pris de décision définitive à ce sujet, ce qui en dernière analyse contredit son engagement d’il y a quatre ans et laisse la porte ouverte à une réélection qui, de son point de vue, serait seulement la deuxième, dans la mesure où la précédente est la première depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi organique relative aux partis politiques en novembre 2011. «Je suis en train de réfléchir,» confie-t-il.

Les dents longues
En tout état de cause, M. Laenser semble se tenir en embuscade si, d’aventure, personne ne montrait d’assez longues dents pour lui succéder. Selon le président du comité préparatoire du XIIIe congrès, Saïd Ameskane, ancien ministre des Transports dans le gouvernement Abdellatif Filali II (janvier 1995-août 1997), le nombre de candidats potentiels pourrait atteindre dix.

Les médias nationaux évoquent notamment les noms de l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Ouzzine, l’ancien ministre chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, Mohamed Moubdii -qui, aux dernières nouvelles, se serait retiré de la course-, et surtout Mohamed Hassad.

Ce dernier, qui avait rallié le MP après sa nomination comme ministre de l’Éducation nationale, en avril 2017, dans le gouvernement de Saâd Eddine El Othmani, se serait vu sur mesure refondre, le 5 août 2018, l’article 50 des statuts du parti, qui empêchait quiconque n’avait pas siégé un mandat entier au bureau politique de présenter sa candidature, non sans susciter des protestations.

Un mouvement qui se fait appeler Kafa mintad (Assez de parachute, en arabe) avait envoyé, dans la foulée de ce changement, plusieurs missives aux médias pour dénoncer ce qu’il considère comme «un coup direct» porté «au principe de la gradation et du mérite pour la direction du parti» et a rappelé le limogeage, en octobre 2017, de M. Hassad, qualifié de «nouveau arrivant», en raison de sa responsabilité dans les dysfonctionnements enregistrés dans la mise en oeuvre du programme de développement spatial de la province d’Al-Hoceïma, Manarat al-Moutawassit. La période de candidature devait en principe débuter le 21 septembre et devrait rester ouverte jusqu’à la veille du congrès, le 27 du même mois

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