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La voix de la diversité marocaine

Oum - © Ph : DR

Oum – © Ph : DR

Dimanche 20 septembre  2015. A des milliers  de kilomètres plus  au nord, et loin de  sa terre d’origine  et d’inspiration, la chanteuse  marocaine Oum exaltait le public  du London African Music Festival,  avec, à la clé, des extraits de  son nouvel album, “Zarabi”. Les  organisateurs du festival visaient  juste en choisissant Oum, pour  représenter le Maroc dans ce  rendez-vous artistique dédié à la  musique africaine.

Appelée à être l’ambassadrice du  royaume le temps d’une soirée,  la Chanteuse de 36 ans a profité  de son potentiel riche et de son  parcours diversifié pour mener  sa mission avec excellence. Sa  musique, son vestimentaire ou  encore sa gestuelle sur scène en  font une artiste authentique et  attrayante. Native de Casablanca,  Oum, diminutif d’Oum el Ghaït  “Mère de la délivrance”, a  grandi à Marrakech, mais puise  assez souvent dans ses origines  sahraouies pour enrichir sa  discographie.

Pour cette figure emblématique  de la nouvelle scène musicale  au Maroc, chanter c’est aussi et surtout exprimer son identité, sa  passion et ses affinités. Certes,  Oum a marqué le public par sa  capacité inégalée de mélanger,  avec panache, plusieurs genres  musicaux occidentaux, mais il  n’en demeure pas moins que les  mélodies hassanies et gnaouies  viennent toujours pimenter ses  chansons. Mais avant de devenir  la diva contemporaine au Maroc  qu’elle est aujourd’hui, Oum a dû  batailler.

Suivre sa passion
En 1996, elle intègre l’Ecole  d’architecture de Rabat. Durant  ses six ans d’études, Oum fera ses  premiers pas dans la musique,  en se produisant sur des scènes  mineures. Elle s’attaque à des  styles hétérogènes comme le  soul et le jazz en interprétant  Aretha Franklin, Diana Ross,  Ella Fitzgerald, ou encore le hiphop  et RnB, en compagnie de  Djo Catangana, producteur et  créateur du groupe parisien Mafia  Trece. Ainsi, la jeune débutante  démontrait sa culture variée et sa  maîtrise impeccable.

En 2002, elle s’engage dans un  pari risqué. Repérée par Philippe  Delmas, Oum fait un trait sur ses  longues années d’études, et part  en France. Pendant deux ans, elle  enchaîne les enregistrement à  Paris, et les concerts à Casablanca  en compagnie du groupe  américain de gospel Brotherhood.  Peu convaincue par son séjour  en Hexagone, Oum retourne au  Maroc en 2004. A cette époque, le  royaume connaissait l’émergence  de la fameuse Nayda, un  mouvement alternatif et urbain,  s’exprimant à travers l’art, et  particulièrement la musique.
La  jeune chanteuse fait la rencontre  de Barry, spécialiste de la fusion  et l’un des instigateurs de Nayda.  Ils se produisent ensemble sur  plusieurs scènes marocaines, puis sortent un duo intitulé “Dear  mama”. Le public local découvre  alors une artiste capable d’associer  soul et rap avec aisance. Elle  enchaîne alors les singles, comme  “Hamdoullah” et “Daym Allah”  2006, puis “Africa” en 2007, qui  a connu un franc succès sur les  ondes nationales. Encouragée  par sa rencontre avec Kermet,  chanteur et compositeur italien,  Oum vise plus gros, en entamant  l’autoproduction de son premier  album. “Likoum”. Mais ce  n’est qu’en 2009 que ce projet  ambitieux aboutira, permettant  à la chanteuse marocaine de  s’imposer définitivement sur  la scène nationale. “Likoum”,  principal titre de l’album, réalise un tabac, monopolisant au  passage le sommet des charts pour  plusieurs semaines.

Génération Nayda
Un an après, Oum le reproduit  même en duo avec une autre  figure de Nayda, le célèbre rappeur  Don Bigg.  Le premier album permettait  également à Oum d’entamer  sa conquête du public étranger.  En Espagne, par exemple, le  public accueillait positivement  “Likoum”, qui a été présenté lors  de grands festivals comme La  Mar de Musicas, ou le Mercato de  Vic. Trois ans plus tard, Oum sort  son deuxième album, “Sweerty”,  contenant 13 titres, chantés en  dialectal marocain, mais aussi en  anglais. Moins électrique que le  premier album, “ Sweerty” était  un hymne à l’amour, l’espoir, la liberté et le rapport entre l’homme  et la femme. Cette orientation  sera renforcée et scellée avec  le troisième album, “Soul of  Morocco”, littéralement âme  du Maroc, où Oum mise sur les  rythmes africains, sahraouis et  touaregs.

Nouvelles dimensions
Plus qu’une simple compilation  de morceaux, “Soul of Morocco”  était l’émanation la plus claire de  la volonté de Oum de présenter  la diversité culturelle et sociale  au public mondial, sans manquer  le moindre détail. Et pour réussir  ce challenge, Oum faisait appel à  des musiciens de renom, à l’image  du le pianiste de jazz arménien Tigran Hamasyan, le pianiste de  jazz serbe Boyan Z et le clavier  américain Scott Kinsey.  Mais avec “Zarabi”, sorti le 22  septembre 2015, Oum semble  changer de registre. En choisissant  d’enregistrer ses chansons en plein  désert, elle opte beaucoup plus  pour la simplicité. Une expérience  inédite, durant laquelle quatre  musiciens, deux Marocains (oud  et percussions), et deux Cubains  (trompette et contrebasse), ont  accompagné la diva sur scène.  Mais le public marocain devra  attendre le 1er novembre pour  pouvoir apprécier cet album,  dont le titre fait référence au tapis  marocain traditionnel.
Les fans de Oum auront droit à  un nouveau voyage au coeur de la  culture marocaine, mais à travers  des sonorités inédites.

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