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La victoire en chantant

Fayçal Mekouar et Salaheddine Mezouar.

Salaheddine Mezouar nouvdeau président de la CGEM

Une fois de plus se confirme le postulat selon lequel ce sont les voix des grandes entreprises qui comptent le plus et qui sont décisives dans les grandes décisions et particulièrement l’élection du président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). La preuve a été donnée, mardi 22 mai 2018, par l’élection de Salaheddine Mezouar, à l’issue de l’Assemblée générale ordinaire et élective de la CGEM, nouveau patron des patrons pour une durée de 3 ans. Plébiscité, le nombre de voix obtenu en témoigne.

L’ancien ministre des Affaires étrangères et l’ancien patron du RNI et son colistier Fayçal Mekouar ont obtenu 5.173 voix sur les 6.635 exprimées. Le binôme Marrakchi-Benhida a, lui, recueilli 1.432 votes. Mezouar a été le dernier à se lancer dans la course, qu’il emporte haut la main. Au début de sa campagne, dans les coulisses, M. Mezouar cachait mal ses ambitions et sa volonté de devenir le nouveau patron des patrons. Il était hésitant. Non qu’il refusait d’assumer cette responsabilité, mais il attendait une bénédiction, un feu vert qui le réintroduise dans le sérail après plusieurs mois sans responsabilité. D’aucuns avaient avancé qu’il lui fallait d’abord un titre de patron d’entreprise. Pour un proche de Mezouar, l’ancien ministre et président de la COP22 est resté administrateur d’une ou deux sociétés dont le groupe CTC de son ami proche Khalid Benjelloun. Plus encore, il est pressenti pour devenir administrateur de la BMCI.

Un parcours atypique
En tout cas, ce candidat était plébiscité à la présidence de la CGEM. Mezouar a un parcours atypique. Il a été élu, en 2002, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’Habillement (AMITH), en sa qualité de DG de Settavex. Il a aussi dirigé la Fédération textile et cuir au sein de la CGEM. Il a également occupé le poste de ministre de l’Industrie et du Commerce dans le gouvernement Jettou II puis celui de ministre des Finances dans le gouvernement Abbas El Fassi et enfin celui de ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Benkirane.

L’étonnant, c’est qu’à l’annonce de la candidature de Mezouar, toutes les spéculations sur les alliances qui circulaient quelques mois auparavant sont tombées à l’eau. Seul M. Marrakchi, ancien vice-président de la confédération, était resté en lice pour garder un minimum de suspens et attirer l’attention. C’est le début d’une ère nouvelle après celle de Miriem Bensalah-Chaqroun, qui a marqué ses deux mandats successifs par une présence et une proximité inhabituelle dans tous les périples du Roi à l’étranger, notamment en Afrique.

Tous les regards sont dirigés sur Mezouar. La nouvelle direction de la CGEM va-t-elle enfin défendre avec la même véhémence les intérêts des petits au même titre que les grands, notamment auprès des banques mais aussi pour tout ce qui est application de la loi sur les délais de paiement qui étouffent les PME?.

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