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La tentation salafiste

Mustapha Sehimi

Mustapha Sehimi

L’opération réalisée par le MDS lors de son conseil  national du samedi 23 mai 2015, marquée par l’adhésion  de grandes figures du mouvement salafiste  marocain a surpris les états-majors des partis politiques.  C’est que des personnalités comme Driss Hani, Abdelkrim  Faouzi et Abdelkrim Chadli ont eu un parcours heurté sous  l’étiquette de Salafia Al Jihadia.

Qu’en penser? Plusieurs paramètres peuvent être retenus à  cet égard. Le premier d’entre eux, c’est que la formation de  Mahmoud Archane, créée en 1996 et corsetée de mille-etune  manières pratiquement depuis une décennie, retrouve  une visibilité politique particulière. Elle a sans cesse plaidé  et oeuvré pour un rassemblement la famille harakie; en  vain. Mais alors pourquoi un redéploiement spectaculaire  dans cette nouvelle direction, islamiste celle-là? Sans  doute parce qu’il y un créneau potentiel jugé encore en  jachère. Mahmoud Archane avait déjà depuis longtemps  entretenu des relations privilégiées avec feu Abdelkrim El  Khatib, fondateur du MPDC, issue d’une scission du MP de  Mahjoubi Aherdan.

N’est-ce pas ce même El Khatib qui avait hébergé dans son  parti en 1996 des dirigeants islamistes, dont Abdelilah Benkirane,  alors à peine tolérés jusqu’à la création du Parti de  la justice et du développement (PJD) deux ans plus tard? Ce  parti couvre-t-il cependant tout le champ de la mouvance  islamiste? Certes non, lui–même en convient, et il connaît  ses limites alors que dans l’arrière–cour il faut mentionner  d’autres segments, dont Al Adl Wal Ihssan, mais aussi Salafia  Al Jihadia. Mohamed Khalidi, fondateur du PJD puis, en  2004, du parti de la renaissance et de la vertu (PRV), s’est  ensuite attelé, voici deux ans, à faire adhérer des dirigeants  salafistes cooptés à l’occasion au sein de la direction.

Mais  ce processus a vite marqué le pas. A telle enseigne que le  MDS a suppléé cette carence en s’engageant depuis des  mois, à la suite de tractations discrètes et laborieuses, à  ouvrir ses rangs à des personnalités salafistes de premier  plan. Un acte qui nourrit des interrogations: le MDS a-t-il  été encouragé du côté du Méchouar? Nombreux sont ceux  qui le croient, ne serait–ce que parce que la mouvance islamiste  va devenir plurielle en termes partisans et que cela  balise les potentialités d’extension du PJD. A la veille des  élections de 2015-2016, l’enjeu n’est pas mineur…

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