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LA STATURE DU BIDON

Driss Fahli

LE SÉISME POLITIQUE ANNONCÉ S’EST TRANSFORMÉ EN COMMOTION GLACIALE.

Non! Ne me dites pas que c’est vrai! Nous sommes en octobre, ce n’est donc pas un poisson d’avril. Quand j’ai pris connaissance de cette information ce matin sur une radio de la place, j’ai d’abord pensé à ces informations truquées qui inondent les réseaux dans un but de porter atteinte à un pur produit de l’enseignement marocain propulsé par les inavouables tractations politiques au maroquin de ministre de la culture.

Selon les sources consultées et le buzz créé sur le réseau par cette incroyable histoire, ledit ministre, en visite d’ouverture de scolarité à l’Institut Supérieur d’Art Dramatique, n’était pas content de l’attitude d’un étudiante qui ne s’est pas levée de son banc d’écolière en signe de respect pour sa grandeur ministérielle sur injonction au «garde à vous» d’un zélé instituteur. La récalcitrante, interrogée en présence du ministre sur son attitude, a expliqué en toute componction qu’elle était malade et qu’elle ne pouvait pas se tenir debout. Le 19 octobre, l’étudiante incriminée reçoit un avis d’exclusion disciplinaire de 3 jours pour lui remettre les pendules du respect des seigneurs à l’heure locale. L’avis d’exclusion est signé par le secrétaire général de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique sur la base de la décision du ministre de la culture N° 14.4217. Moi, je croyais que le ministre venait pour encourager ces élèves aux pauvres déterminants sociaux, qui ont décidé de miser sur un avenir incertain par la seule force de la mise de leurs corps fébriles et leurs psychés en développement mis au service d’un déterminant culturelle hypothétique. Que nenni! Son excellence était là pour imposer sa stature à des élèves sans défense devant une dictature ministérielle d’un autre temps.

Un ministère de la culture, ça promeut les traits distinctifs culturels qui caractérisent la société qui le paie. A travers cet événement, c’est maintenant un ministère de la culture du pouvoir et des privilèges, y compris celui de se lever en présence d’un ministre qui n’a rien fait jusqu’à présent pour le mériter. Maintenant que la reddition des comptes est lancée par le Roi, elle va prendre à la gorge tous ces politiciens qui sont ministres plus par calcul d’équilibre politique que par compétence de gestion avérée. On peut d’ores et déjà demander le bilan de l’action culturelle impulsée par ce ministre. En d’autres termes, qu’a-t-il fait comme actions culturelles qui puissent inspirer notre respect et les ovations youyous de nos filles sur son passage?

Deux autres mauvaises nouvelles m’ont donné le cafard politique cette semaine. Le retour d’Ilyas El Omari au Secrétariat général du parti du tracteur en panne et la réussite de Benkirane à bien préparer le squat pour la troisième fois du Secrétariat général d’un PJD en instance d’éclatement. Le séisme politique annoncé devant le parlement s’est transformé en commotion glaciale. Comment des figures d’un type aussi controversé puissent-t-elles tenir encore nos institutions en otage ? La semaine se termine bien quand même. Benabdallah, Louardi, Fassi Fihri et Bencheikh sont virés pour de bon dans le cadre d’une reddition des comptes non satisfaisante. Dommage pour l’enseignement qui perd Mohamed Hassad, j’espère que son remplaçant ne sera pas un frérot féru d’arabisation et d’instruction religieuse

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