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LA MENACE CHIITE

Pourquoi de plus en plus de jeunes Marocains se convertissent au chiisme

Pourquoi de plus en plus de jeunes
Marocains se convertissent au chiisme

Issam Al Hassani. Souvenez-vous en! Ce nom actuellement peu connu est appelé à occuper les devants de la scène religieuse et politique du pays. Marocain, originaire de Tanger, la quarantaine, cheveux grisonnants, grand de taille, la barbe soigneusement ciselée, cet intellectuel est au coeur d’un courant chiite naissant au Maroc et qui ne cesse de gagner en importance. Il en est même le chef de file, pour la raison qu’il est le principal fondateur de ce courant appelé «Al Khat Rissali» (la ligne du messager), en mars 2014 à Fès. Un an plus tard, Issam Al Hassani s’installe à Tanger et transforme Al Khat Rissali en fondation éponyme. Quelle est sa mission? Selon M. Al Hassani le travail de sa fondation Al Khat Rissali consiste à promouvoir la culture et la recherche théologiques ainsi que la publication et la distribution de livres religieux. Mais, en vérité, selon plusieurs sources tangéroises, cette fondation s’active clandestinement à répandre le chiisme au Maroc, par des actions de prosélytisme.

Manque de réaction
Ainsi, elle aurait organisé de nombreuses réunions consacrées au rite chiite. Animées par Issam El Hassani en personne ou par des invités étrangers, ces réunions ont pour but principal de convertir des jeunes Marocains au chiisme.
Issam Al Hassani connait bien son domaine pour avoir séjourné à plusieurs reprises en Iran, surtout, mais aussi en Irak et au Sud-Liban, des contrées où le chiisme est très présent. Grâce à ces voyages, il s’est constitué un réseau de connaissances parmi les grands dignitaires chiites iraniens et libanais. Il a suivi la trace de son aîné, Driss Hani, le premier à avoir annoncé la création du courant chiite au Maroc. C’était à la fin des années 1990.
Les activités de Issam Al Hassani et ses déplacements fréquents hors du pays sont connus de la police marocaine. Il n’a jamais été inquiété, au point d’interpréter le manque de réaction des autorités comme une autorisation tacite de sa fondation.
Quelle ne fut sa surprise lorsque, mardi 3 mars 2015, le ministère de l’Intérieur publie un communiqué qui dément catégoriquement l’existence d’une quelconque autorisation à Al Khat Rissali.

Communication virtuelle
La réaction du ministère de l’intérieur est loin d’être une simple formalité. Elle arrive à un moment où l’activisme chiite commence à se faire sentir à Tanger, certes, mais aussi dans plusieurs grandes villes du Maroc, notamment Casablanca, Rabat, Marrakech, Meknès et Fès. Des réunions se multiplient, dirigées par des prédicateurs qui appellent ouvertement les jeunes à embrasser le rite chiite. Par ailleurs, ce courant a investi les canaux de communication virtuelle prisés par la jeunesse, notamment un site web et une page Facebook.
Il y avait donc urgence pour le ministère de l’Intérieur à mettre un terme à ce phénomène, qui risque de poser de sérieux problèmes de sécurité.
Cette situation alarmante n’a pas échappé à une chaîne de télévision égyptienne, qui a consacré une émission spéciale à la “présence chiite au Maroc” et au danger que cela représente pour tout le monde arabe, sunnite à plus de 95%. L’invité de cette émission, un jeune prédicateur égyptien, a expliqué que le courant chiite marocain Al Khat Rissali est soutenu par des puissances étrangères, principalement l’Iran. Selon cet intervenant, la République islamique iranienne finance les activités de cette fondation. À en croire Issam Al Hassani, le chiisme n’est pas en contradiction avec le sunnisme. Les deux courants se rejoignent parfaitement sur les principes fondamentaux de l’Islam. Cela dit, les références de l’“Ayatollah de Tanger” sont, bien entendu, ailleurs.
En bon chiite qu’il est, il voue une admiration sans faille aux dignitaires religieux d’Iran, à leur tête le guide spirituel Ayatollah Ali Khamenei. Comme il affirme son respect et son admiration pour le chef spirituel libanais Hassan Nasrallah, leader charismatique du Hezbollah.

Intérêts politiques
C’est donc abreuvé des idées de ces leaders chiites que Issam Al Hassani mène sa mission de répandre le chiisme auprès des jeunes Marocains, femmes et hommes, en particulier ceux de conditions modestes. Il faut croire que le travail du chef de Al Khat Rissali porte ses fruits. De plus en plus, de nombreux Marocains adoptent le chiisme, certains le pratiquent dans la clandestinité d’autres au grand jour. C’est le cas du célèbre footballeur Réda Riyahi, qui s’est illustré avec le Raja de Casablanca lors de la coupe du monde des clubs au Brésil en 2000.
Reda Riyahi non seulement s’est converti au chiisme, mais il le propage ouvertement auprès des jeunes, notamment à travers les réseaux sociaux. Sur Facebook, où il a posté des photos et un message audio pour annoncer sa conversion, les commentaires les plus critiques à son égard ont été publiés. Les commentateurs dénoncent un comportement opportuniste du joueur et sa volonté inavouée de profiter d’une largesse chiite purement matérielle. Pour se défendre, le footballeur affirme embrasser le chiisme par conviction en trouvant dans ce courant religieux “un confort inégalé et une pratique consensuelle très ouverte et moderne”.
Cette émergence du chiisme au Maroc intervient quelques semaines après la reprise des relations diplomatiques avec la République islamique d’Iran. Relations qui avaient été suspendues en 2009 par le Maroc suite à une volonté iranienne d’exhorter les Marocains à adopter le chiisme comme un mode de vie. Il paraît aujourd’hui évident que la menace chiite au Maroc est fondée principalement sur des intérêts politiques.

Répression mesurée
C’est connu, les chiites ont une capacité impressionnante à mobiliser des masses chiites et sunnites autour d’objectifs politiques. Ils savent galvaniser les foules, avec un discours populiste qui porte. Ce pouvoir de séduction fait sérieusement peur à nos dirigeants.
Pour les autorités marocaines, la vigilance est de rigueur. Il n’en reste pas moins que l’approche sécuritaire, nécessaire certes, doit s’exercer dans la mesure. Autrement, une répression excessive des chiites au Maroc fera d’eux des martyrs et leur offrira l’occasion de rallier davantage de sympathisants.
Issam El Hassani en est bien conscient. C’est pourquoi il multiplie les sorties provocantes. “L’Ayatollah de Tanger” joue gros

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