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La fuite en avant du Polisario

Nouvelles incursions des séparatistes dans la zone démilitarisée

Acculés sur la scène internationale, l’Algérie et son nervis du Front Polisario jouent la carte de la provocation contre le Maroc.

Le Front Polisario ne recule devant rien. A l’occasion de son quarante- cinquième anniversaire, le mouvement séparatiste a tenu ce dimanche 20 mai 2018 dans la localité de Tifariti, à l’Est du mur de défense marocain, des parades militaires et civiles et des expositions.

Des manifestations qui défient donc la communauté internationale, puisque le Conseil de sécurité avait sommé le 27 avril 2018 le Polisario de retirer ses éléments de la zone tampon fixée au titre de l’accord militaire n°1 du 24 décembre 1997 et ainsi ne pas altérer son statut juridique et historique. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a «vigoureusement» condamné les actions du Polisario en les qualifiant de «provocations » et considère qu’il s’agit d’une nouvelle violation du cessez-le-feu. «Au moment où le Conseil de sécurité appelle à la relance du processus politique en vue de parvenir à une solution réaliste, pragmatique et durable au différend régional sur le Sahara marocain, ces actes de provocation des autres parties sapent sérieusement les efforts des Nations unies,» regrette-t-il. Le ministère a d’ailleurs révélé avoir officiellement saisi le président du Conseil de sécurité, Gustavo Meza-Cuadra, et ses membres, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres, et la mission onusienne de paix au Sahara marocain (MINURSO), et leur a demandé d’assumer leurs responsabilités et de prendre les mesures nécessaires contre ce qu’il qualifie d’«agissements inacceptables». Des propos qui renvoient à la menace proférée coup sur coup le 1er avril 2018 par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le représentant permanent du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, exprimant la disposition du Royaume à assumer ses responsabilités si le Conseil de sécurité et le secrétariat général de l’ONU ne le faisaient pas.

Populations séquestrées
Une claire allusion, selon beaucoup, à la possibilité d’une intervention militaire. Le Polisario continue pour sa part d’affirmer que la zone tampon ne dépasse pas cinq kilomètres, selon des déclarations du «secrétaire général» du soi-disant «ministère des Affaires étrangères» de la pseudo «République arabe sahraouie démocratique» (RASD), Mohamed Essalem Hamadaha. Tifariti, comme Bir Lahlou, 120 km au Nord-Est, sont pour lui des «territoires libérés». Il ne semble d’ailleurs pas avoir renoncé à y transférer son soi-disant «ministère de la Défense», sa soi-disant «présidence de la République» et son secrétariat national. Selon plusieurs sources médiatiques, l’Algérie projetterait d’installer les populations séquestrées dans les camps de Tindouf dans les localités attenantes au mur marocain, de sorte à mettre les Forces armées royales (FAR) et le Polisario face-à-face. Une partie des habitants du camp de Dakhla auraient été conviés à préparer leur déménagement.

En écho à la lettre du roi Mohammed VI remise le 4 avril 2018 par M. Bourita à M. Guterres, qui avait accusé Alger de financer, d’abriter, d’armer et de soutenir diplomatiquement le Polisario, le communiqué du ministère des Affaires étrangères regrette justement que l’escalade au Sahara marocain se déploie selon lui avec la bénédiction et la complicité de la capitale algérienne. Quand bien même elle soit membre de l’Union du Maghreb arabe (UMA), cette dernière viole d’après la diplomatie marocaine doublement la charte du regroupement maghrébin, en fermant d’un côté les frontières, depuis le 27 août 1994, et en abritant de l’autre sur son sol le mouvement séparatiste. «Ce pays, au lieu de respecter les valeurs du bon voisinage et les impératifs de stabilité régionale, s’entête à encourager ses mercenaires du «Polisario» dans leur action déstabilisatrice, en violation de la légalité internationale,» dénonce le département de M. Bourita.

Ce dernier a par ailleurs demandé aux instances onusiennes de diligenter une enquête sur la situation dans les camps de Tindouf, où en plus de séquestrer des milliers de Marocains des provinces sahariennes «dans des conditions dégradantes et inhumaines», le mouvement séparatiste détournerait l’aide humanitaire fournie par la communauté internationale pour la vendre sur les marchés algériens à des fins d’enrichissement personnel. «Loin de s’estomper, la responsabilité de l’Algérie et du «Polisario» face à la communauté internationale, ne fait que s’aggraver,» s’élève le ministère.

Multiples échecs
Beaucoup voient dans les provocations du mouvement séparatiste une tentative de se voiler la face après les multiples échecs diplomatiques essuyés sur la scène internationale, où l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie bénéficie de plus en plus de soutiens et notamment ceux des États-Unis et de la France, en plus des récents éléments ayant accrédité la collusion entre le Polisario et Téhéran par l’entremise de l’organisation chiite du Hezbollah, déclarée terroriste par de nombreux pays. Plusieurs pays arabes ont apporté leur soutien au Maroc face aux ingérences de la capitale iranienne dans ses affaires internes. Au cours de la dernière année, le Polisario a tenté de déplacer la bataille sur le terrain juridique en instrumentalisant la question de l’exploitation des ressources naturelles du Sahara marocain, mais avec au bout du compte le même constat d’échec.

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