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La déchabatisation continue

Guerre autour du bras syndical du parti de l’Istiqlal

L’UGTM au bord de l’implosion. Les déçus du dernier congrès de l’Istiqlal tentent de reprendre le syndicat pour chasser Chabat du parti.

Ce qui devait arriver arriva.  L’UGTM a reçu de plein fouet  les effets de la crise interne de  l’Istiqlal. Il ne pouvait en être autrement  pour le bras syndical du  parti. L’impact que l’on sentait venir a éclaté  aujourd’hui. Dimanche 7 mai 2017, les opposants  à l’actuelle direction de l’UGTM ont tenu  un congrès extraordinaire qui a prononcé l’exclusion  de leurs adversaires, après avoir mis  en place, du moins sur le papier, de nouvelles  structures. D’abord les forces en présence. Qui  sont les protagonistes dans cet affrontement à  couteaux tirés? Puisque la cause première et  les enjeux sont politiques, la ligne de partage  ne pouvait être que politique.

Chacun de ces  deux blocs a un chef de file, Enaam Miarat pour conduire la sédition et Kafi Cherrat pour  mener la résistance. En fait, l’homme par qui  cette bataille a été déclenchée n’est pas très  loin; il s’appelle Hamid Chabat, devenu l’une  des figures les plus connues de la scène politique  nationale. C’est par rapport à lui que les  deux antagonistes syndicaux se situent. Miarat  contre Chabat et Cherrat pour Chabat. Le  premier est accusé d’être actionné par Hamdi Ould R’chid, président du Conseil communal  de Laâyoune, cousin de Miarat, lequel est le  mari de la fille du frère aîné de Ould R’chid.  Décidément l’Istiqlal reste une histoire de famille,  en toutes circonstances.

Dans les deux cas, le poids de Chabat, qui  n’est plus à présenter, pèse toujours autant sur  le parti dont il est le secrétaire général depuis  2012, que sur le syndicat qu’il a investi sans  ménagement en 2009. En quittant la chefferie  syndicale pour celle du parti, Chabat, avait pris  soin d’installer des hommes à lui dans les instances  délibératives de l’UGTM. Il aura ainsi  usé du même mode opératoire pour le syndicat  comme pour le parti. Aujourd’hui, Chabat  ne gagne plus sur les deux tableaux. Il est  en recul, mais toujours présent en première  ligne. Il était à la tribune du conseil national de  l’UGTM, pour soutenir son ami Kafi Cherrat,  qu’il avait lui même placé à la tête du syndicat,  avant de partir, mais jamais trop loin.

Miarat nie toute immixtion du parti dans le  combat qui se déroule actuellement dans l’enceinte  syndicale. Pour lui, dans ce cas précis,  il y a étanchéité totale de la cloison qui sépare  l’UGTM de l’Istiqlal. Difficile à admettre.  Dans un entretien accordé à notre confrère  Akhbar Al Yaoum, Kafi Cherrat reconnaît que  l’affaire Chabat est d’abord partisane, avant  d’être transférée vers le syndicat. Du coup,  l’UGTM est devenue une colline à prendre  pour faire écho à la lutte sourde pour déloger  Chabat du secrétariat général de l’Istiqlal. Ce  n’est pas gagné d’avance, sur un front comme  sur l’autre.

Les amis de Miarat ne sont pas près d’avoir  accès au siège de l’UGTM, rénové par un  certain Chabat pour la coquette somme de  deux milliards de centimes. Ce sont les soutiens  de Kafi Cherrat, qui ont pris fait et cause  pour Chabat, qui tiennent les lieux. Dans l’état  actuel des choses, les uns sont in; les autres  sont out. C’est important dans un conflit de ce  genre. Aujourd’hui, la dualité Istiqlal-UGTM est  à l’épreuve de cette cohabitation difficile entre  partis politiques et syndicats. Rien n’indique,  pour autant, qu’il y aura une quelconque scission  sous le toit politico-syndical de l’Istiqlal.  Plus forts que le legs historique, les intérêts  politiques et matériels sont suffisamment déterminants  pour l’emporter sur tous les antagonismes.

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