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La banque mondiale dissèque les failles de l’économie Marocaine

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Il faut pas moins d’un demi-siècle pour  réduire l’écart de niveau de vie qui  qui nous sépare de l’Europe. C’est  ce qui ressort d’un récent diagnostic  de la Banque mondiale. En plus du faible  taux d’équipement des ménages marocains  en biens durables. Par exemple,  seuls 18% des ménages marocains posséderaient  aujourd’hui une voiture, contre  30% des ménages en France en 1960. Ils  donnent comme autre exemple la structure  actuelle des dépenses de consommation  des ménages marocains, qui est proche de  celle des pays européens dans les années  1950-1960.

En particulier, «la part des dépenses alimentaires  dans le budget qui se maintient  à un niveau élevé» (environ 40%), témoignant  du faible pouvoir d’achat des familles  et de la prédominance des dépenses de  première nécessité. La classe moyenne,  quant à elle, peine à émerger en raison de  la cherté de la vie et du dysfonctionnement  des services publics.

Ces disparités socio-économiques vis-àvis  de ces pays européens sont d’autant  plus difficiles à rattraper qu’elles traduisent  des écarts de productivité entre les deux  rives de la Méditerranée. Écarts dont on ne  voit pas comment les réduire au cours de  la décennie à venir si «seulement 10.000  jeunes, soit moins de 2% de la classe  d’âge, obtiendront des diplômes très qualifiants  qui leur garantiront un niveau élevé  d’employabilité».

C’est que le déficit en matière d’éducation-  formation est plus qu’alarmant et  risque de s’accentuer dans les années à  venir, nous rappelle, chiffres à l’appui, le  rapport de l’institution de Bretton Woods.  En effet, «sur les 600.000 jeunes Marocains  âgés aujourd’hui de 20 ans, les deuxtiers,  soit 400.000, n’ont pas obtenu le baccalauréat et seront, une fois sur le  marché du travail, à des niveaux de qualification  extrêmement faibles. L’enjeu est de  taille car, compte tenu de l’évolution démographique,  la création d’emplois pour pas  moins de 270.000 individus par an dans les  prochaines années sera nécessaire.

Or, tout le monde sait que l’économie  marocaine ne crée pas assez d’emplois  pour satisfaire les aspirations de cette  jeunesse de plus en plus exigeante. Pour  ne citer que les chiffres de la période la  plus récente, qui s’étalent de 2010 à 2015,  l’économie marocaine n’a pu créer, en  moyenne, que 50.000 emplois nets, pour  une population en âge de travailler de 15  à 65 ans…

Le chômage et le sous-emploi de masse  restent le lot non seulement de ces jeunes  citadins âgés de 15 à 24 ans mais aussi des  femmes et des diplômés. Ainsi, au moment  où l’agriculture ne créé plus autant d’emplois  qu’auparavant et au moment où l’industrie  perd des emplois (37.000 postes  de travail perdus en 2014, selon le Haut  commissariat au plan), seul le secteur  informel tire son épingle du jeu en absorbant  celles ou ceux qui n’aspirent qu’à la  survie quotidienne. Malgré l’annonce par  le ministère de l’Emploi d’une stratégie  nationale pour l’emploi, qui se fait toujours  attendre, rien n’est encore fait pour remédier à cette situation dramatique.  Une situation qui semble durer car même  si la croissance est au rendez-vous, non  seulement elle ne crée pas suffisamment  d’emplois mais reste aussi confrontée à  certaines limites.

En effet, les experts de la Banque mondiale  n’ont de cesse de nous rappeler que «le  Royaume risque particulièrement d’être  rapidement confronté aux limites d’une  croissance basée sur l’accumulation de  capital fixe». Car, en dépit d’une démographie  favorable, «le facteur travail a peu  contribué à la dynamique de croissance  récente», expliquent-ils. Avec un Marocain  sur deux au travail ou à la recherche  d’emploi, le Maroc présente l’un des taux  d’emploi les plus faibles au monde.  Le manque de gains de productivité est  avancé comme hypothèse expliquant,  selon la Banque mondiale, les faibles résultats  de l’investissement, surtout public, au  Maroc.

Du côté de la demande, le mode de croissance  marocain ne manque pas aussi de  fragilités. Car, nous disent les analystes  de la Banque, «la croissance récente a été  principalement tirée par la consommation  intérieure sur fond d’augmentation de  l’endettement public et privé».

En plus de tout faire pour sortir d’une  économie de rente comme le préconise la  Banque mondiale, le Maroc devra imaginer  un nouveau modèle de développement afin  de réduire non seulement la dépendance  de son agriculture vis-à-vis des aléas  climatiques mais aussi la dépendance  de ses comptes extérieurs vis-à-vis des  chocs externes. Sans oublier de faire face  à toutes sortes de fractures: numérique,  sociale, territoriale ou autre. Soit autant de  projets de société liés à des volontés politiques  et à des efforts des gouvernants

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