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KONIMBA SIDIBÉ : « C’est le schéma des partenariats du Maroc qu’il faut développer »

KONIMBA SIDIBÉ, ministre malien
de la Promotion de l’investissement et du secteur privé

Les discussions entre experts portent sur la nécessité de l’émergence de nouveaux champions du sud. Quels exemples suivre?
Le développement est un processus marqué souvent de progrès et de recul. Quand on fait le point, il y a des champions qui s’imposent et le Maroc en fait partie. Cependant, les champions, seuls, même s’ils font du progrès, ont des limites. Ils ont besoin que d’autres champions émergent. Pour cela, il faudra tracer la voie à prendre et les partenariats à construire. Le Maroc est en train de monter la voie à d’autres. Le Maroc est fort présent au Mali au niveau du marché financier, des télécommunications, du commerce, de l’agriculture. C’est le schéma des partenariats du Maroc qu’il faut développer pour que le commerce intra-africain, très faible aujourd’hui, prenne une autre dimension. Le royaume veut intégrer la CEDEAO. Cela veut dire qu’il y a là un espace économique et de libre-échange intéressant à bien des égards. Si globalement la CEDEAO se porte mal, il n’y aura pas la possibilité de faire des affaires. S’il n’y a pas la sécurité, la liberté de circulation des marchandises et des hommes, ce sont autant d’obstacles aux échanges.

Quels sont les points faibles justement qu’il faudra corriger?
D’abord, il faut qu’il y ait une véritable volonté politique pour dépasser les frontières mentales. Cela suppose que les réglementations, les directives et les normes que nous édictons soient respectées par nous-mêmes. Ce sont les grandes faiblesses que l’on constate aujourd’hui. Souvent, on a du mal à faire respecter beaucoup sur le terrain de bonnes règles et de bons dispositifs par les agents publics.

Que faut-il alors faire?
L’un des premiers obstacles qui s’imposent, ce sont les réflexes habituels. Nous ne connaissons pas le meilleur de nous-mêmes. Deuxièmement, le schéma de production actuel montre que nous produisons tous les mêmes matières premières et que nous cherchons à les vendre aux mêmes industriels. Si les pays d’Afrique s’entraident, je vous assure qu’il y a possibilité de transformer les matières premières sur place et de passer ainsi de l’industrie du secteur primaire à une véritable transformation industrielle des produits. Par exemple, le Mali produit du coton. C’est facile plus d’aller le vendre en Europe que de chercher à le transformer sur place. Si les Maliens n’ont pas les moyens de le faire, les Marocains ou les Ivoiriens peuvent les aider. Les hommes d’affaires peuvent se mettre ensemble. C’est ce schéma là qu’il faut travailler.

Dans cette lignée, que peut apporter un partenariat public-privé?
La communauté des hommes d’affaires est un monde à part avec sa vision et ses aspirations. L’Etat a un mandat de service public. Mais il y a une intersection possible si les deux s’allient. Dans ce cas de figure, ils peuvent faire des miracles. Concernant le financement, l’Etat n’a pas toujours les moyens. Le secteur privé en a. La contrainte financière est ainsi desserrée. Deuxièmement, le management privé est beaucoup plus efficace. Je vous donne un exemple. On ne voit pas l’impact des péages perçus par l’Etat au niveau des autoroutes sur l’entretien des routes.

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