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Jouahri récompense les banques qui accordent plus de crédits

Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib.

Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib.

Tant attendue, la réunion du  Wali de Bank Al Maghrib,  Abdellatif Jouahri, à l’issue de  la deuxième réunion trimestrielle  du conseil de la Banque centrale  pour cette année 2016, a fait suite au  mémorandum envoyé conjointement  avec la CGEM et le GPBM au chef du  gouvernement relatif à la baisse inquiétante  des crédits aux entreprises qui  dure depuis 2013 et qui s’est accentuée  en 2015. M. Jouahri est venu avec du  nouveau. Les banques généreuses en  matière d’octroi des crédits seront intéressées  par la banque centrale: «Nous  sommes en situation de surliquidité  bancaire. Au cas où cette surliquidité  perdure à moyen terme, devient structurelle,  le conseil a décidé de rehausser  la réserve monétaire de 2 à 5%, pour  absorber une partie de cette surliquidité  et “remettre le système monétaire en  banque”. Nous allons rémunérer ainsi  avec un taux de 0,75% uniquement les  banques dynamiques qui dépassent la  moyenne en matière d’octroi de crédits».

Le gouverneur de Bank Al Maghrib a  véhiculé ainsi un massage latent: En  plus des propositions adressées au gouvernement, la banque centrale  applique des mesures pour relancer  les crédits en incitant les banques qui  assument une partie de cette décélération.  «Je ne fais pas de la politique.  Je n’ai pas fait attention au fait que  le mémorandum a été envoyé à trois  mois des élections. Si je complotais, je  n’aurais pas commencé le mémorandum  par dire que la décélération a été  constatée depuis 2013 et en ajoutant  qu’en 2015, elle a pris des dimensions  inquiétantes. J’ai rajouté que les délais  de paiement sont très longs».

“Je ne fais pas de la politique”
Les prévisions pour les crédits aux  entreprises ont connu une légère amélioration  en 2016. «Il y a eu un léger frémissement  dans l’octroi des crédits aux  entreprises. Mais les chiffres ne sont  pas encore dynamiques», souligne le  Wali de Bank Al Maghrib.

«Tenant compte d’une prévision d’inflation  en ligne avec l’objectif de stabilité  des prix, le Conseil a jugé que le  niveau actuel du taux directeur (2,25%)  demeure approprié». Les prévisions  de la banque centrale en matière de  croissance économique n’ont pas subi  de grands changements par rapport  à mars dernier. Elle a ainsi revu à la  hausse la prévision de croissance du  PIB pour l’année 2016 à 1,2% (contre  1% en mars) en tenant compte d’une  production agricole hors céréales  meilleure que prévu en mars et d’une  révision de la contraction de la valeur  ajoutée agricole à 9%, toujours selon  Bank-Al Maghrib.

La Bourse, point faible
«Pour 2016, tenant compte d’une  production agricole hors-céréales  meilleure que prévu en mars, Bank  Al-Maghrib a révisé la contraction de  la valeur ajoutée agricole à 9%. La  progression du PIB non-agricole ayant  été maintenue quasi inchangée à 2,8%,  la croissance devrait ainsi s’établir  à 1,2%. Pour 2017, sous l’hypothèse  d’une campagne agricole moyenne, la  Banque table sur une accélération de la  croissance à 4%, avec des hausses de  10% de la valeur ajoutée agricole et de  3,2% du PIB non agricole».

M. Jouahri a revu également à la  hausse sa prévision d’inflation à 1,6%  «sous l’effet principalement d’une  augmentation importante des prix des  produits alimentaires à prix volatils».  «Toutes ces prévisions peuvent être  impactées par le référendum anglais du  23 juin 2016», confie M. Jouahri.

Concernant la ligne de précaution et  de liquidité du FMI, M. Jouahri précise  qu’une troisième formule est en  cours de finalisation et sera octroyée  le 23 juillet. Il s’agit d’une LPL de 3,5  milliards de dirhams. «Nous sommes  éligibles même s’il reste à faire des  efforts sur la réforme des retraites. Nous sommes moins vulnérables aux  chocs extérieurs. Nous nous sommes  engagés à ne pas la toucher. Pour le  FMI, au bout de 2 ans, le Maroc doit  sortir de la LPL», souligne-t-il. La LPL  a été décidée pour faire face à d’éventuels  chocs pétroliers.

Dernier point important de cette  réunion, la libéralisation du change.  Jouahri a assuré que des travaux en  interne sont en cours. Il y a plusieurs  axes sur lesquels la banque centrale  s’attelle: un axe stratégique qui définira  quel régime de change et qui prépare  tous les opérateurs (banques, gouvernement,  opérateurs économiques  publics et privés) qui ont des dettes à  long terme, en plus d’un axe relatif à la  communication. «Ce sont des aspects  imbriqués. Nous avons une feuille de  route qui sera déployée de juillet à  décembre 2016», révèle M. Jouahri.

Concernant les entreprises publiques  privatisables, ou ce qui reste à privatiser,  le wali de Bank Al Maghrib a  évoqué l’opération de l’introduction en  Bourse de Marsa Maroc. «C’est une  opération positive qui va dynamiser la  Bourse, qui souffre de son illiquidité et  du nombre limité des entreprises introduites.  La Bourse est le point négatif du  système financier. Nous ne pouvons  pas avoir de place financière sans une  Bourse valable», martèle le wali de la  banque centrale.

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