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Jouahri optimiste, mais prudent

Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al Maghrib.

Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al Maghrib.

[quote font= »1″]Prévisions. La banque centrale prévoit une croissance de l’économie de 5% en 2015, le double de l’an dernier, en l’absence de risques inflationnistes.[/quote]

La baisse du prix du baril du  pétrole, de la facture énergétique  de 40%, de la compensation  (2,8 milliards de dirhams seulement  durant les deux premiers mois de  2015), l’amélioration de la balance des  paiements, sont autant d’éléments  favorables qui ont corroboré les  prévisions optimistes de Bank Al  Maghrib pour l’économie nationale  en 2015. Tous auront un impact  positif: la croissance atteindra 5%, soit  le double de 2014, tirée par une année  agricole très bonne, selon Abdellatif  Jouahri, wali de Bank Al Maghrib, lors  d’une conférence de presse tenue le  25 mars 2015, à l’issue de la réunion  trimestrielle du Conseil de la Banque  centrale. «Nous restons un pays à  vocation agricole. Cette année, nous  allons faire la récolte de 87 à 90  millions de quintaux, avec une valeur  ajoutée agricole en augmentation de  10%», souligne-t-il. Tirée vers le haut  également par une valeur ajoutée non  agricole de 4%. L’inflation s’établira  à 1,4% et devrait rester modérée,  compte tenu de l’augmentation du  SMIG, de la décompensation et de la  nouvelle grille tarifaire de l’eau et de  l’électricité.
La balance des paiements profite de  la baisse des factures pétrolière et  alimentaire (le blé, notamment), de  la reprise des prix des phosphates  et des transferts des MRE (+7%). Les  réserves de change vont atteindre 6  mois d’importation d’ici fin 2015. Une  première, la banque centrale a confié  un peu moins de 10% de ses réserves  à la Banque mondiale pour avoir un  benchamrk en rendement.
L’encours des crédits devrait connaître  une évolution de 5% en 2015, contre 2,5% en 2014. Dans la même  lignée, la banque centrale a décidé  de maintenir son taux directeur à  son niveau actuel, soit 2,5%, après  l’avoir abaissé à deux reprises en  septembre et décembre 2014 pour  stimuler l’économie et en l’absence  de risques inflationnistes.

Flexibilité de change
«Nous surveillons les taux débiteurs  du secteur bancaire. J’ai demandé  aux banques de provisionner face à  la montée des risques. Je ne pouvais  pas leur demander également de  baisser les taux d’intérêt. Inmocyfafag . Ce que je  cherche, je l’ai atteint. Les crédits  à l’équipement (entreprises) et à  la consommation (particuliers) ont  augmenté respectivement de 59 et  de 29 points de base», explique M.  Jouahri.
La Banque centrale promet de suivre  de près l’évolution de la situation  économique et de l’évolution du  secteur bancaire et financier. Ce  secteur a réalisé une hausse de 7%  des dépôts, appuyée par le résultat  de l’amnistie liée à la contribution  libératoire.
Le wali de Bank Al Maghrib  a assuré que le système de  flexibilité de change est en cours  de préparation, en concertation  avec les différents intervenants.  La prudence est justifiée par la  situation fragile de secteurs tels  que l’immobilier. «Nous sommes  en train de voir les indicateurs de  fragilité des opérateurs du secteur.  Nous cherchons à leur apporter un  soutien global. Mais nous ne voulons  pas jouer aux sapeurs-pompiers.  En tout cas, il n’y a pas de risque  systémique», lance M. Jouahri.
Prudence également concernant la  dette publique. Le Wali de Bank Al  Maghrib conditionne la baisse de  la dette publique à partir de 2017  -actuellement à 65% du PIB-, si à  cette échéance, le déficit public  baisse à 3%.

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