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Les jeunes diplômés n’osent pas entreprendre

À Séoul, l’équipe du Global Entrepreneurship Monitor, avec l’ambassadeur du Maroc en Corée du Sud, Chafik Rachadi.

Résultats de l’étude Global Entrepreurship Monitor Morocco 2017

L’étude GEM Morocco révèle qu’outre la dynamique de création, l’entreprenariat au Maroc crée peu d’emplois, n’innove pas, accède peu et difficilement au financement et est toujours mal accompagné.

Tant attendus, les résultats du rapport national GEM 2017 (Global Entrepreneurship Monitor) sur la dynamique entrepreneuriale au Maroc, étude menée par l’équipe GEM Morocco sous la direction du Pr Khalid El Ouazzani, relevant du Laboratoire de Recherche Entrepreneuriat et Management des Organisations (EMO), de la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales-Ain Chock de l’Université Hassan II de Casablanca, dans le cadre du rapport mondial GEM 2017, viennent d’être révélés.

Ainsi, il en ressort deux notes ou deux postulats. Un positif et le second négatif. Commençons d’abord par le positif. L’étude révèle une accélération de la dynamique entrepreneuriale. Selon le rapport GEM 2017/2018, le Maroc présente des indicateurs relatifs à la culture entrepreneuriale et au potentiel entrepreneurial assez élevés. Le pays a connu une accélération notable de son niveau d’activité entrepreneuriale, qui passe de 5,6% en 2016 à 8,8% en 2017, améliorant de manière significative son classement à l’échelle internationale.

L’un des constats les plus significatifs de GEM 2017 au Maroc, en effet, est l’évolution de l’indice de l’activité entrepreneuriale (TAE), qui est passé de 4,4% (2015) à 5,6% (2016) puis à 8,8% (2017). Cette augmentation est corrélée avec l’évolution de la proportion des entrepreneurs naissants (4,2% en 2017 contre 1,3% en 2016). La majorité des entrepreneurs émergents ont choisi la carrière entrepreneuriale pour saisir une occasion d’affaires plutôt qu’en réaction à un marché de travail insatisfaisant, notent les rédacteurs du rapport. De même, le taux des entrepreneurs établis (durée d’activité de 42 mois et plus) a connu un bond quantitatif (5,2% en 2015, 7,5% en 2016 puis 10,4% en 2017).

L’arbre qui cache la forêt
Mais ce n’est que la face émergente de l’iceberg ou l’arbre qui cache la forêt. Comme le confirment les rapports GEM précédents, l’indice de l’entrepreneuriat féminin demeure relativement faible, de même que le potentiel de création d’emplois et d’internationalisation des entreprises. Il y a presque trois fois plus d’hommes impliqués dans le démarrage ou la croissance d’une nouvelle entreprise que de femmes.

Les jeunes ayant un niveau d’instruction supérieur sont les moins entreprenants. Aussi, les femmes ont moins confiance dans leurs compétences (35,84%) que les hommes (63,58%). Plus de la moitié des interviewés considèrent la peur de l’échec comme un facteur dissuasif à la création d’une entreprise (contre 32,9% en 2016). Un indicateur qui pousse à réfléchir. Par ailleurs, l’étude, tout en relevant l’existence de politiques publiques de plus en plus favorables à l’activité entrepreneuriale, préconise la nécessaire amélioration de l’écosystème national, notamment par un développement plus soutenu du système d’éducation et de formation, du transfert technologique, de l’accès au financement et du dispositif d’accompagnement entrepreneurial. Pire, l’étude révèle un entrepreneuriat peu innovant et faiblement créateur d’emplois. Ainsi, la majorité des nouvelles entreprises marocaines reproduisent une activité avec une technologie déjà présente dans un secteur fortement concurrentiel.

Faible dynamique entrepreneuriale
Concernant l’appui aux entrepreneurs, l’écosystème qui appuie les efforts et les ambitions des entrepreneurs nécessite l’amélioration de l’accès au financement, du transfert technologique et le développement du système éducatif, ainsi que du dispositif d’accompagnement. Il s’agit là de préalables pour intensifier la dynamique entrepreneuriale que connaît le Royaume, souligne l’équipe GEM Morocco.

Le faible développement de l’enseignement de l’entrepreneuriat est invoqué comme l’une des causes de la faible dynamique entrepreneuriale enregistrée au Maroc. Le pays est classé 53ème sur 54 pays pour la formation à l’entrepreneuriat aux niveaux primaire et secondaire. Dans le domaine de la R&D, le Maroc est crédité d’un faible indice de 2,6 sur 9, le classant avant-dernier. Un constat qui témoigne d’un malaise social et économique qui appelle à une intervention publique pour relancer la machine économique dans un pays qui émet sur le marché de l’emploi plusieurs dizaines de milliers de diplômés chaque année.

Lire l’interview de KHALID EL OUAZZANI, team leader de l’équipe GEM Morocco

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