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Jalloul Ayed, pour mieux servir l’Afrique

Ayad Jelloul - © Ph : DR

Parcours. Connu du milieu des affaires et du secteur  financier marocains, l’ancien ministre tunisien des Finances  Jalloul Ayed, Senior Banker et grand mélomane, est un  candidat favori pour le poste de président de la BAD.

Le 28 mai 2015 en  Côte-d’Ivoire, dans la  capitale Abidjan, se  dérouleront au siège de  la Banque africaine de  développement (BAD) les élections  pour la présidence de l’institution  en remplacement du Rwandais  Donald Kaberuka, en poste depuis  2005. Le candidat maghrébin,  Jalloul Ayed, ancien ministre  des Finances tunisien au sein du  gouvernement d’union nationale  de Mohamed Ghannouchi, qui suit  la révolution, puis dans celui de Béji  Caïd Essebsi (de janvier à décembre  2011), a présenté officiellement sa  candidature, le 30 avril à Tunis. Il  affrontera 7 autres prétendants  pour ce poste provenant du  Nigéria, de l’Ethiopie, du Tchad,  du Cap-Vert, du Sierra Leone,  du Zimbabwé et du Mali. Parmi  eux, on trouve Bédoumra Kordjé,  ministre des Finances et du Budget  tchadien, ancien vice-président de  la BAD.

Catalyseur de financements
Depuis sa création en 1964, la  Banque a financé près de 4.000  projets. Avec un capital de 100  milliards de dollars, détenu à 60%  par les pays africains et 40% par les  pays non-africains, elle est devenue  le catalyseur des multiples  besoins de financements des pays  membres africains, traversés par  des crises multiformes.
Pour être élu président de cette  institution, il faudra obtenir 51% des voix des pays africains  et 51% des voix de l’ensemble  des pays actionnaires, alors  que les votes sont pondérés en  fonction du pourcentage que  les pays détiennent dans le  capital de la banque. La BAD joue  actuellement le rôle de partenaire  incontournable dans tous les  grands projets du continent. Cette  importance a été acquise au fil  des deux dernières décennies. Le  mérite revient au prédécesseur  de Donald Kaberuka, le Marocain  Omar Kabbaj, actuel conseiller du  Roi Mohammed VI, qui a présidé  aux destinées de la BAD pour une  période de dix ans (1995-2005), et  qui a entamé les grands travaux  de refondation et de redressement  financier de la banque de 1995 à  2005.

Un banquier international
Après Kabbaj, Ayed sera-t-il  le second président d’origine  maghrébine de cette prestigieuse  institution? Il a, au moins le soutien  du président de la République  tunisienne, Béji Caïd Essebsi, qui  a dépêché des envoyés spéciaux  aux pays membres de la BAD pour  soutenir sa candidature et a aussi  chargé les ambassadeurs de la  Tunisie à l’étranger de diffuser  le programme de la campagne  électorale de Jalloul Ayed, ainsi  que celui des activistes sur les  réseaux sociaux, des hommes  d’affaires et des associations telles  que l’Association tunisienne des  femmes démocrates (ATFD).
Ayed, natif de Khniss, dans le  gouvernorat de Monastir, le 6  février 1951, a formulé l’espoir  d’avoir l’appui des pays de l’Afrique  du Nord, qui détiennent 19% du  capital de la BAD, notamment celui  du Maroc, où il a passé une bonne  partie de sa carrière. La carrière  de M. Ayed en tant que banquier  international remonte à 1980 avec les 18 années qu’il a passées à la  Citibank (1980-1998), où il se voit  confier la direction générale de la  filiale tunisienne, et la direction  des opérations de la banque en  Algérie et en Libye.  De 1990 à 1995, Jalloul Ayed a  occupé le poste d’administrateur  délégué de Citibank Maghreb, à  Casablanca. En 1996, il rejoint  la Citicorp International Ltd, à  Londres, où il est nommé Senior  Banker dans la division des  financements pour l’Europe,  l’Afrique et le Moyen-Orient.

Investissement privé
Deux ans après, Jalloul Ayed  intègre le groupe BMCE (Banque  marocaine du commerce  extérieur), au sein duquel il érige  le pôle banque d’affaires, met en  place la salle de marchés de BMCE  Bank, développe le pôle corporate  finance et lance, notamment, les  premiers fonds offshore de capital  développement.
Il crée, en 2006, une nouvelle  filiale, Axis Capital Tunisie, qui  gère des actifs et permet des  intermédiations boursières  et des conseils. En 2010, il est  nommé vice-président de la filiale  britannique de la BMCE. De par  cette longue expérience, Jalloul  Ayed est connu du milieu des  affaires et du secteur financier  marocain. Son expérience  africaine avec BMCE l’a beaucoup  aidé à déterminer les véritables  besoins financiers du continent.  «Si je suis élu président de la  banque, je mettrai en cours  des programmes spécifiques:  aider les États membres à  formuler un environnement  propice au développement de  l’investissement privé, et, pourquoi  pas?, intervenir directement dans  les transactions importantes», a  déclaré Ayed lors de la conférence  de presse à Tunis. Pour lui, le  secteur privé est la pierre angulaire  de la croissance économique, il  prévoit ainsi d’élargir sa définition  pour inclure les réalités africaines  et soutenir les micro-entreprises  ainsi que les petites et moyennes  entreprises, les accompagnant par  un financement adapté.

La bonne gouvernance
«C’est dans l’exécution de  la stratégie que je ferai la  différence», a-t-il souligné. Le  premier domaine d’intérêt est la  bonne gouvernance pour assurer  l’amélioration de la transparence  et de politiques clairement  définies pour l’ensemble des  pays membres. Ensuite, il y a  l’infrastructure. Ayed veut mettre  l’accent sur le financement  de l’infrastructure, l’une des  conditions pour la réussite  économique des pays africains.  Pour lui, il existe aujourd’hui  un déficit de 58 milliards de  dollars/an en Afrique au niveau  des besoins en matière de  financement des infrastructures.  Le troisième domaine qui a une  importance capitale et sur lequel  il va miser, c’est le secteur privé,  qui pourra assurer les conditions  d’une croissance forte et pérenne.  Celui qui traîne des années  d’expertise bancaire et financière  a une facette peu connue: c’est  aussi un fin pianiste, un grand  mélomane et un compositeur  renommé de musique classique.  Parmi ses travaux, on cite la  symphonie pour piano et orchestre  “Mogador”, et la symphonie  “Hannibal Barca”, qui a été  présentée en première au Festival  de Carthage et au Festival de  Musique Classique d’El-Djem en  juillet 2009.
Mais sa plus belle symphonie  africaine, ce sera de gagner la  course à la présidence de la BAD.

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