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Interview de M’jid El Guerrab: « Les relations entre la France et le Maroc sont historiques et solides »

M’jid El Guerrab député du Maghreb et d’Afrique de l’ouest en France

Élu le 18 juin 2017 député de la neuvième circonscription des Français établis hors de France, qui comprend le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest, M’jid El Guerrab, Franco-marocain, veut participer au renouveau des relations entre la France et l’Afrique.

Les Français de la neuvième circonscription, qui comprend le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest, vous ont élu le 18 juin 2017 au second tour des élections législatives françaises pour les représenter. Vous avez même recueilli près de 60% des suffrages exprimés. Vous attendiez-vous à un tel résultat?
Je prends la pleine mesure de la charge qui m’incombe afin de représenter au mieux mes compatriotes français vivant au Maghreb et en Afrique de l’Ouest. La tâche est à la mesure de la circonscription, c’est-à-dire grande et complexe par la diversité des chantiers à y mener. Je ne ménagerai aucun effort pour l’accomplir avec sérieux et rigueur.

Quelques minutes après les premiers résultats, j’ai eu le privilège d’avoir au bout du fil le président de la République M. Emmanuel Macron. Sa confiance et ses voeux exprimés à mon égard ont renforcé ma détermination et ma motivation à mener à bien ce beau mandat.

Quels sont d’après vous les atouts qui ont amené les Français de la neuvième circonscription à vous faire confiance?
Je pense que les électeurs désiraient un renouveau et de l’espoir dans la classe politique française. Mon engagement auprès du président de la République, mon expérience et mon ancrage dans la circonscription ont certes été des atouts et cette victoire est aussi celle du militantisme sur le terrain. Mon équipe et moi sommes allés à la rencontre des Françaises et des Français dans les différents pays de la circonscription.

Pendant la campagne, Mme Leila Aichi a également revendiqué l’étiquette La République en marche! (LREM!). Cela vous a-t-il perturbé?
Vous savez, l’électeur reconnaît le discours vrai, l’adopte et le revendique. J’ai été renforcé dans mes convictions de mener une campagne bienveillante, par l’attitude des Françaises et des Français qui m’ont soutenu, qui sont venus à ma rencontre lors des diférents meetings de cette campagne éprouvante à plus d’un titre. Plusieurs concitoyens ont été induits en erreur lors du premier tour. Au final, ils ont décelé le juste de l’illusoire. La moralisation de la vie politique est une priorité politique et une urgence démocratique. Je m’inscris pour ma part dans la ligne de mon parti et du Président de la République.

Est-ce vrai que vous aviez été sciemment évincé au départ par M. François Bayrou, le président du parti du Mouvement démocrate (MoDem), qui fait partie de la coalition au pouvoir et dont Mme Aichi est membre?
Bayrou est le président du MoDem et je ne suis pas membre de son parti. Je ne vois pas de quelle manière il aurait pu avoir une incidence sur les décisions prises par un autre parti politique, en l’occurrence LREM!. Pour l’instant, je me projette dans l’avenir. Mes électeurs ainsi que l’ensemble des Françaises et des Français de la circonscription ont des attentes auxquelles il va falloir répondre.

Les Français d’origine marocaine en politique sont désormais légion. Comment voyez-vous cet état de fait?
Légion, pas encore, mais le progrès avec cette nouvelle législature est palpable. Ceci dit les Français d’origine marocaine sont présents dans la sphère politique française mais aussi européenne depuis un moment. Il est à souligner, par ailleurs, que le renouveau voulu et incarné par le Président de la République a entraîné une vague de changement qui se traduira aussi par une rupture avec les pratiques anciennes de la politique dans la continuité des valeurs de la République.

Quels seront vos priorités maintenant que vous êtes élu?
J’ai présenté mes priorités durant cette campagne auprès de mes compatriotes et je ne compte pas dévier de ces objectifs. Il s’agit d’oeuvrer pour améliorer l’éducation, la santé, et la sécurité des Français de la circonscription. Je compte tenir ces engagements en concertation avec mes compatriotes et avec toutes les parties concernées, projet par projet.

Avez-vous un commentaire à faire sur la visite de M. Macron au Maroc et plus généralement sur les relations maroco- françaises?
Je me félicite de la visite du président de la République et de son épouse Brigitte au Maroc. Il avait promis que cette visite interviendrait au plus tôt après son élection et a tenu parole. Les relations entre la France et le Maroc comme celles avec beaucoup d’autres pays de la circonscription sont historiques et solides, avec un véritable “supplément d’âme” tant les liens familiaux entre Marocains et Français des deux pays sont étroits.

Aujourd’hui, nous souhaitons inaugurer un renouveau des relations entre la France et l’Afrique basé sur un plus grand respect et une collaboration mutuelle. Nos destins sont liés et lorsque la France intervient au Mali par exemple avec l’opération Serval, c’est dans l’intérêt commun de la France, du Mali et de l’ensemble des pays de la région.

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