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Interview de Jamal Souissi: « Le FIFM a participé au rayonnement de notre pays »

Jamal Souissi président de la Chambre marocaine des producteurs de films

Jamal Souissi, président de la Chambre marocaine des producteurs de films, déplore que les professionnels nationaux du cinéma soient pas impliqués dans l’organisation du Festival.

Comment réagissez-vous à l’annulation du festival international du film de Marrakech pour cette année?
Sans aucun jugement de valeur, il est tout à fait normal de penser à une nouvelle stratégie, bonne et participative, pour le festival, après 16 années d’existence. Cette idée de faire une pause pour faire le bilan et tout revoir n’est pas une chose nouvelle, parce que tous les festivals internationaux le font.

Pensez-vous que l’ancienne stratégie n’était pas bonne?
Je n’irais pas jusqu’à dire cela. Car, qu’on le veuille ou non, le festival international du film de Marrakech a beaucoup participé à l’image et au rayonnement international du pays. Le festival constitue, certainement, pour le Maroc, une vitrine artistique exceptionnelle sur le monde.

Beaucoup pensent que le cinéma marocain n’était pas dignement représenté à ce festival. Etes-vous de cet avis?
Au niveau de la Fondation du festival, une seule personne décidait si les films marocains qui sont candidats ont la qualité nécessaire pour participer à la compétition. Or, quel que soit le niveau de compétence et d’expertise de cette personne, la décision de sélection des films marocains doit normalement revenir à une commission composée de plusieurs cinéastes de calibres national et international.

Espérez-vous un changement à ce niveau-là?
Oui, je l’espère, bien sûr. J’espère aussi qu’il y aura plus de films marocains à participer à la compétition. Ceci dit, je soutiens l’idée qu’il ne faut pas comparer nos films avec les productions étrangères, américaines soient-elles ou espagnoles… Chaque pays a ses spécificités culturelles et artistiques et donc possède son propre cinéma.

Pensez-vous que le cinéma marocain profite de ce festival?
Pas vraiment ou très peu. En effet, la Fondation du festival a institué, depuis l’année dernière, les résidences d’écriture pour le court-métrage. Ce qui constitue, pour nous, une bonne chose. Mais, nous pensons que cette idée doit être généralisée au long-métrage. Nous espérons aussi que la Fondation du festival réfléchisse à créer un fonds pour soutenir le cinéma marocain.

Pourquoi, pensez-vous que le Fonds d’aide géré par le CCM ne répond pas aux attentes des cinéastes marocains?
Non, le Fonds d’aide de l’Etat, géré par le CCM, est loin de répondre aux attentes des producteurs marocains. Non seulement, il est insuffisant, mais il fonctionne selon un système difficile d’accès pour nombre de cinéastes. D’abord c’est une avance sur recettes. Ensuite, pour en profiter, il faut apporter le tiers du financement.

Etes-vous consultés, à la Chambre marocaine des producteurs de films, par les organisateurs du festival pour la recherche d’une nouvelle formule?
Non, jamais. On déplore cette attitude. On a beaucoup d’idées et de réflexions à donner à la Fondation du festival. J’espère qu’à l’avenir, les professionnels marocains du cinéma seront mieux impliqués dans l’organisation du festival.

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