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Infantino ne lâche pas prise

Visite de la Task Force de la FIFA au Maroc

Tout porte à croire que la FIFA est bien décidée à priver le Maroc de la Coupe du monde de 2026. Le comité d’organisation a bien du pain sur la planche.

À moins de deux mois de la désignation de l’organisateur de la Coupe du monde de football de 2026, prévue le 13 juin 2018 dans la capitale russe Moscou la veille de l’ouverture de la prochaine Coupe du monde, la lutte continue de faire rage entre le Maroc et ses rivaux canadien, américain et mexicain.

Ces derniers, constitués le 10 avril 2017 en une seule et unique candidature nommée United 2026, sont soutenus par le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino. Pour favoriser la candidature nord-américaine et en même temps éliminer le Royaume sans même arriver à l’étape du vote, le patron du football mondial a mis en place ce qu’il a appelé une Task Force, ou dit en français un groupe de travail, chargée de juger de la conformité de chaque candidature, ses risques et ses avantages et les infrastructures et les aspects commerciaux nécessaires à la réussite d’une Coupe du monde.

Implication exceptionnelle
Cette Task Force, composée de cinq membres dont l’ancien footballeur international croate Zvonimir Boban, était en visite du 16 au 19 avril 2018 au Maroc où elle s’est rendue dans cinq des huit villes où le Royaume prévoit d’accueillir la Coupe du monde si son organisation lui est accordée, à savoir Marrakech, Agadir, Tétouan, Tanger et Casablanca. Elle était accompagnée de trois membres de l’administration de la FIFA et d’un auditeur. Ce que l’on sait pour l’instant des conclusions de cette visite, c’est uniquement ce qui a été rapporté par Moulay Hafid Elalamy, que le roi Mohammed VI avait désigné le 10 janvier 2018 président du comité de candidature marocaine.

Le ministre de l’Industrie a affirmé, dans une déclaration faite à la presse à Casablanca le lendemain de la fin de la visite, que les membres de la Task Force avaient affiché «leur admiration pour la qualité» de la candidature marocaine. Ils ont également, selon le responsable marocain, enregistré «l’implication exceptionnelle de l’ensemble de l’État marocain et de ses responsables de haut niveau» et ont ressenti «la passion de l’ensemble de la population» pour l’événement. Des éléments qui, poursuit la même source, «met[tent] clairement en évidence le fait que le Maroc tout entier est candidat.» «[Le Maroc] est un pays en plein développement, en pleine construction, avec une vision claire, où la Coupe du monde s’inscrit comme un outil permettant l’accélération des projets de développement à tous les niveaux,» a, selon M. Elalamy, conclu la Task Force.

Changements de dernière minute
Les médias nationaux se sont par contre faits l’écho d’un récit à l’opposé des déclarations du ministre, rapportant les changements de dernière minute opérés par les membres de la Task Force dans leur agenda de visite. Ces derniers ont notamment demandé à voir la ville d’Oujda, également mentionnée dans la candidature. À Tanger, ils ont exigé de faire un tour de la cité du détroit en taxi, afin de s’assurer de la qualité de ses moyens de transport, figurant effectivement dans le cahier des charges de la FIFA. Mais comme l’a fait remarquer la presse, la candidature nord-américaine a été épargnée par ces changements, puisque les membres de la Task Force se sont rigoureusement tenus à l’agenda convenu avec les autorités des pays concernés. D’aucuns considèrent qu’en vérité, la FIFA continue de chercher des poux au Maroc.

Pour rappel, le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaâ, s’était plaint dans une lettre le 25 mars 2018 à M. Infantino de ce que l’instance suprême du ballon rond ait à la dernière minute apporté des modifications au système de notation établi pour la Task Force, en ne faisant parvenir la nouvelle mouture qu’à H-24 au comité de candidature marocain. Il avait notamment cité l’introduction d’une nouvelle formule introduisant un plafonnement de l’augmentation du parc à l’horizon 2026, la modification des jauges d’hôtels requises et l’introduction d’un risque de durabilité des infrastructures. En réponse, la FIFA avait assuré que les critères utilisés n’étaient que des éléments objectifs qui font partie de l’évaluation de l’offre, non des conditions sine qua non signifiant l’exclusion d’un soumissionnaire.

Réponses convaincantes
Elle n’avait toutefois pas convaincu, sachant que M. Infantino a été on ne peut plus clair sur la candidature qui avait son approbation, en qualifiant le 28 décembre 2017 aux Émirats arabes unis la candidature nord-américaine de «message positif». Le président de la FIFA avait également refusé le droit au Maroc de défendre sa candidature le 2 février 2018 à Casablanca à la quarantième assemblée générale ordinaire de la Confédération africaine de football (CAF), tout en accordant ce privilège au Canada, aux États-Unis et au Mexique pour le faire deux semaines plus tard devant les quatorze associations membres du Conseil des associations de football en Afrique australe (COSAFA). Au cours de son séjour au Maroc, la Task Force a formulé «quelques remarques au sujet de la capacité de livrer les projets et la qualité des stades, notamment pour les espaces d’hospitalité et VIP», selon M. Elalamy. Elle a également noté «la non-conformité d’une partie des gradins des stades, en raison de la piste d’athlétisme et des bannières LED, qui masquent la visibilité de la ligne de touche pour une partie du public,» a-t-il ajouté. Sur ces différents points, le Maroc s’est engagé à apporter des réponses convaincantes au cours des prochaines semaines.

Il présentera également le plan de redistribution des parties modulables des sièges des stades conformément à son concept de stades modulaires, qu’il a imaginé pour ne pas se retrouver avec des stades trop grands et sonnant creux à la fin de la Coupe du monde. D’autres experts de la FIFA sont incessamment attendus pour échanger avec leurs homologues marocains sur les solutions proposées au niveau de l’hébergement et des stades, à en croire M. Elalamy. Autant dire que le Maroc a bien du pain sur la planche et qu’avec la partialité établie de la FIFA, la partie ne s’annonce pas tendre.

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