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Le Maroc, nouvel Eldorado ?

MAROC HEBDO INTERNATIONAL N° 1046 - Du 08 au 14 novembre 2013

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FORAGES. Les compagnies pétrolières étrangères se bousculent sur le marché marocain à coups de centaines de millions de dollars d’investissements. D’autres sont déjà à pied d’œuvre dans des forages onéreux. Les estimations placent le Maroc comme un gros producteur de pétrole et de gaz naturel. Pourtant, au niveau du gouvernement, c’est la grande inconnue.

par abdelhak najib

Pétrole ou pas pétrole? La question est légitime. Depuis plus de cinq ans, c’est le grand rush des grosses firmes de prospection et de forage vers le Maroc. Tous les gros calibres des hydrocarbures dans le monde misent donc sur le Royaume.
Les études de terrain démontrent clairement quel riche potentiel détient le pays. Des réserves qui se chiffreraient à des milliards de m3, du Sud au Nord, en passant par le plateau de l’Oriental, en Offshore et Onshore. San Leon Energy, Kosmos Energy, Repsol Exploraciones, Longreach Oil, Chariot Oil, Pura Vida, Nautical Petroleum, Barrus Petroleum, Pathfinder Hydrocarbon…
Et la liste est très longue. Ce sont là quelques enseignes qui ont fait du sous-sol marocain un terrain de jeu favori.
Dernier fait en date, le lundi 4 novembre 2013, deux forages ont été lancés au Maroc par Cairn Energy et Gulfsands Petroleum, deux sociétés, anglaise et écossaise. Les deux firmes ont entamé leurs prospections respectivement dans la région du Gharb et à 120 kilomètres au large des côtes marocaines ainsi qu’à Boujdour. Chez Gulfsands, on parie même sur de premiers résultats fin novembre 2013 alors qu’en ce qui concerne Cairn, un autre forage à Cap Boujdour est prévu en 2014.

Aveux officiels
Déjà, le 28 octobre 2013, l’annonce a été faite par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), concernant le démarrage des opérations de forage au large des côtes marocaines, ainsi que l’entrée de la société Cairn dans le partenariat ONHYM-Kosmos Energy portant sur les permis de Cap Boujdour Offshore.
Les partenaires de l’Office, Cairn Energy Plc, à travers sa filiale Capricorn, San Leon, Serica et Longreach, débutent donc le forage du puits d’exploration FD1 situé dans l’offshore marocain entre Agadir et Sidi Ifni, à 93 Km des côtes marocaines, dans le bloc Foum Drâa. Selon l’ONHYM, après le forage du puits FD1, l’appareil de forage sera transféré à Cap Juby pour le forage d’un autre puits d’exploration, tout aussi prometteur en réserves pétrolières.
Ce nouveau puits porte le nombre des sites forés en 2013 à 11 puits, tous opérationnels avant la fin de l’année. Trois d’entre eux ont déjà démarré, celui de Foum Draâ, au large d’Agadir; dans le Gharb; et sur Sidi Mokhtar, dans le bassin d’Essaouira. De tels travaux, tous émaillés de déclarations des patrons des firmes internationales en activité au Maroc, qui affirment que le Maroc est un pays pétrolier qui deviendra l’un des principaux producteurs de la région, ont poussé le ministère de l’Énergie et des Mines, Abdelkader Amara, à déclarer, le 29 octobre 2013, devant la Chambre des Conseillers, que le sous-sol marocain est riche en pétrole. Pour le ministre marocain, la présence d’une compagnie comme British Petroleum (BP) au Maroc est un indicateur majeur de la présence du pétrole.
En effet, si la troisième plus grande société dans le monde s’y est mise, c’est que ses responsables sont sûrs que les millions de livres Sterling injectés dans les différents projets ne relèvent pas de la fiction. La BP veut bien profiter de sa part du gâteau, qui est aujourd’hui partagé entre 31 compagnies, comme l’a précisé M. Amara. Pour l’ONHYM, «La cession à BP constitue une étape importante du partenariat ONHYM-Kosmos, qui prévoit de commencer les opérations de forage au cours du premier semestre 2014, et ce, dans la mesure où la société BP est classée troisième société pétrolière au niveau mondial et dispose ainsi de capacités techniques et financières permettant de mener à bien ce programme d’exploration prévu sur le bassin d’Agadir.»
Pour Brian F. Maxted, directeur général de Kosmos Energy, l’entrée de BP dans les accords pétroliers Essaouira Offshore, Foum Assaka Offshore et Tarhazoute Offshore est un pas en avant pour la production pétrolière marocaine. «Cette entreprise ajoute une valeur importante pour nos opérations, en particulier compte tenu de leur succès prouvé au niveau des explorations et productions dans les bassins salifères» souligne-t-il. Deux autres compagnies britanniques sont dans la partie puisqu’elles vont entamer leurs forages dans des sites à haute valeur pétrolifère.
Il s’agit de Pathfinder Hydrocarbon Ventures, filiale de Fast Net Oil et Nautical Petroleum. La première compagnie compte explorer le projet Merada. Ce dernier représente quatre permis d’exploration (Merada I, II, III et IV) situés dans le bassin de Guercif. Il a une superficie de 7.269 km². D’ailleurs, en juillet 2013, Fastnet Oil&Gas a acquis pour 8 millions de dollars US une participation de 18,75% dans le bloc offshore Foum Assaka d’Agadir sur une superficie de 6.500 km². C’est là que Nautical Petroleum compte commencer ses forages en 2014.

Résultats affichés
La Chine, de son côté, très active dans des pays d’Afrique noire, s’intéresse de très près à ce qui se déroule en ce moment sur le sol marocain. Cette ruée vers le pétrole attise les convoitises de Pékin. Pour les autorités chinoises, «de nouveaux réservoirs contenant d’importantes quantités de gaz naturel, au large des côtes atlantiques marocaines viennent d’être découverts».
Ces affirmations rendent compte des résultats affichés par les sociétés britanniques qui explorent dans la région de Sidi Mokhtar, de la province d’Essaouira, où des opérations de forage seront entamées à partir de fin novembre 2013.
Les réserves de gaz naturel de Chichaoua sont estimées par la compagnie prospectrice à 292 milliards de mètres cubes, et pourraient même atteindre 776 milliards de mètres cubes. A la mi-octobre, tout un arsenal dédié aux forages, composé d’un paquebot chargé d’équipements géants a accosté au port d’Agadir.

Domaine

776 milliards de m3
Un autre géant des hydrocarbures avance des chiffres importants. Il s’agit de Cairn Energy, basée à Edimbourg, en Grande-Bretagne, qui lance simultanément des opérations d’exploration dans les côtes atlantiques marocaines, au Sénégal et en Mauritanie. Leurs opérations de forage au Maroc vont couvrir une superficie de 8.900 km2.
Outre le site de Foum Draa, Cairn détient une licence d’exploration dans une zone maritime adjacente baptisée Cap Juby, dont la capacité de production est estimée à 70 millions de barils.  Si le Maroc a attiré un nombre croissant d’entreprises pétrolières au cours des dernières années, c’est qu’il y a bien des raisons.  D’ailleurs, la présence de la deuxième plus grande compagnie pétrolière américaine, Chevron, dans le pays s’explique par les réserves en place qui pourront voir le jour dans les prochaines années. Ce qui fait dire à Damon Neaves, directeur général de Pura Vida Energy, en Australie, que le Royaume peut devenir un gros producteur d’hydrocarbures tant les études menées sur place ne souffrent aucun doute.

Climat propice
Le responsable australien ajoute que «10 puits d’exploration seront forés au large du Maroc au cours des 12 à 18 prochains mois, ce qui représente un investissement de 500 millions de dollars, et c’est une grande marque de confiance de l’industrie».
Pour les dirigeants de toutes les compagnies opérant au Maroc, c’est le climat politique et économique stable du Royaume qui attire aussi les grandes sociétés spécialisées: «Certaines entreprises pétrolières ont récemment quitté la Libye en raison des perturbations de l’approvisionnement, ainsi que l’Algérie, où les problèmes de sécurité sont de plus en plus présents», conclut  Damon Neaves.

Mis à jour ( Vendredi, 08 Novembre 2013 10:51 )