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![]() Le train de la réforme poursuit son voyage, avec des arrêts de différents degrés d’importance et d’impact. L’un de ces arrêts tant attendu a été l’installation par S.M. le Roi Mohammed VI, le mardi 8 mai 2012, de la Haute instance du dialogue national sur la réforme de la Justice. Un acte majeur qui touche à tous les segments de la vie, du quotidien des citoyens au monde des affaires, en passant par l’image du Maroc à l’étranger, telle qu’elle est perçue par le prisme, parfois déformant, de notre justice. (Lire pages 12-13). A la vérité, cette réforme, on en parle depuis des lustres, au fil des gouvernements successifs, toutes couleurs politiques confondues. Chaque Premier ministre, chaque ministre de la Justice en a fait le principal de son menu politique programmé et solennellement annoncé. Avant comme après l’alternance. C’est dire que sur ce sujet précis, il y a eu comme une parfaite continuité de voeux pieux et de bonnes intentions déclaratoires. Disons, pour employer un euphémisme de bon aloi, qu’il manquait juste une obligation de résultat. Normal donc qu’on n’ait rien vu venir du côté de nos palais de justice et de leur fonctionnement, alors qu’il y avait tant à dire, tant à ressentir et tant à faire réagir, à ce propos. À dire encore plus vrai, nous n’y croyons plus. Cette fois-ci, l’approche de ce problème récurrent et endémique a changé. Ce n’est plus un seul homme, du haut de son ministère, esseulé parmi ses administratifs, qui cogite, en circuit fermé, une réforme qui n’aura pas lieu. C’est une structure ouverte sur toutes les composantes de la société qui en a la charge. Une structure pluraliste qui couvre la diversité politique, professionnelle, culturelle et sociale du pays. De par sa composition, plurielle, cette instance intègre, en même temps qu’elle prend à témoin, tous les intervenants dans le champ judiciaire, à travers des juristes émérites, des professionnels reconnus, des représentants de toutes les sensibilités politiques et des figures marquantes du tissu associatif. Difficile de ratisser plus large autour d’une question aussi fondamentale que la justice. La dérobade et le rejet de la faute sur l’autre seront également difficiles. L’autre fait déterminant dans la conception et la mise en place de cette instance, c’est la primauté de l’initiative et de la supervision royales. C’est donc le Roi qui en assurera le suivi après en avoir tracé la voie et rappelé quelques fondamentaux. La justice, a réaffirmé le Souverain, est «le socle sur lequel repose l’Etat de droit et des institutions… pour faire prévaloir la suprématie de la loi dont nous sommes le garant.» Elle est, de ce fait, consubstantielle à toute construction démocratique, aussi vrai qu’elle définit l’espace des droits et des devoirs dans les domaines de la vie publique. A titre de rappel, ce ne sont pas seulement les mille et un petits et grands conflits de citoyenneté qui sont de son ressort, bien qu’ils accaparent l’essentiel de sa charge, mais aussi la protection des consommateurs et des épargnants, les garanties suffisamment incitatives pour les investisseurs nationaux et étrangers, ainsi et surtout la liberté d’expression et de la presse. En gros et dans le détail, la vie de tous les jours. C’est tout cela la justice. Venons-en maintenant à la mère des questions: une réforme de la justice, pour quoi faire? La réponse paraît toute simple, une justice juste et qui soit la même pour tous. Mais encore, comment y parvenir? Par une seule et unique condition, l’indépendance totale de l’institution judiciaire, en tant que pouvoir constitutionnel, ainsi textuellement qualifié. C’est à l’aune de cette finalité que cette réforme sera appréciée et jugée, à travers les moeurs de l’appareil judiciaire, l’intégrité des magistrats et les moyens humains et matériels mis à leur disposition. Si c’est le cas, une révolution est d’ores et déjà en marche |






















































