-
Rejoignez press.mhi
-
| Il est temps que l’Afrique rende justice au Maroc, en lui restituant sa représentation au sein de l’UA. |
|
|
|
![]() Jusqu’ici, les sommets de l’Union africaine (UA) et, avant, ceux de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), se suivaient et se ressemblaient; on n’y prêtait pratiquement aucune attention, à l’exception des administrations particulièrement concernées. Pour l’opinion marocaine, c’était du pareil au même, depuis que le Maroc a quitté cet organisme continental, en novembre 1984, il y a presque 28 ans. À l’évidence, ces temps-là ont vécu, par la force d’une évolution irrésistible des relations internationales et l’avènement d’un nouvel ordre mondial. Le 18ème sommet de l’UA, tenu les 28 et 29 janvier 2012, à Addis Abeba, en Ethiopie, s’inscrit dans cette dynamique. Le continent africain ne pouvait s’en exempter, au risque de rester en marge de la marche de l’Histoire. Saâd-Eddine El Othmani y était. C’est la première fois qu’un ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération accompagne de près ce type de rituel annuel. À partir de sa résidence, sans mettre les pieds dans le lieu de la conférence, M. El Othmani a rencontré nombre de chefs d’État et de gouvernement africains, y compris ceux qui avaient reconnu ou qui reconnaissent encore la prétendue république sahraouie (RASD). Que signifient cette présence et cette activité qui, à n’en pas douter, ont perturbé le dispositif habituel de la délégation algéro-polisarienne? Le Maroc serait-il en train de reprendre pied dans cette structure qui s’efforce d’être représentantive de l’Afrique? Il y a tout lieu de croire que “oui”. D’autant que cette démarche, aux allures de rupture, arrive juste après un changement politique de taille au Maroc, avec l’avènement au pouvoir d’une majorité islamiste. Du coup, on ne peut s’empêcher de penser qu’une nouvelle forme de diplomatie s’installe, non pas progressivement, mais d’entrée de jeu. Le Maroc a claqué la porte de l’OUA de l’époque, mais pas de l’Afrique. Au contraire, nos relations avec les pays d’un continent où se trouvent nos racines se sont renforcées. La coopération bilatérale et multiforme n’a jamais cessé. Aujourd’hui, c’est de notre réintégration au sein de l’UA, par notre propre volonté, qu’il s’agit. La pierre d’achoppement, c’est la question du Sahara et de l’intégrité territoriale du Maroc. Il n’a pas fallu attendre près de trois décennies pour que la lumière soit faite autour de cet obscur conflit suscité et entretenu par l’Algérie. Dès le début des années 1990, Edem Kodjo, ancien secrétaire général de l’OUA, a déclaré que l’offre d’un siège à la RASD, au détriment du Maroc, a été plus qu’une erreur, une faute historique, un hold-up caractérisé. Ce mea culpa édifiant, bien que tardif, dit tout sur cette affaire qui perdure par la force imparable des pétro-dollars algériens. Nombre de pays africains qui avaient reconnu la RASD, entre 1975 et 2011, ont fini par faire marche arrière. Ils sont 18 sur une trentaine à s’être rendus à l’évidence toute simple que la RASD est un État fantomatique logé en territoire algérien, financé et encadré par les gouvernants de ce pays. Les discours d’accompagnement et les beaux principes tels “Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes”, ou le dogme calamiteux de “l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation”, ne sont que des paravents et des faux-fuyants. L’objectif avoué n’est autre que l’instauration d’une hégémonie algérienne sur le nord-ouest africain, des deux côtés du Sahel, avec une ouverture sur l’Atlantique. Dans cette configuration, le Maroc ne serait plus qu’une presqu’île, avec une ouverture maritime, mais sans arrière- pays continental autre qu’une unique frontière terrestre avec l’Algérie. Un enclavement programmé. La RASD devait servir à la réalisation de ce dessein. L’Afrique, régulièrement secouée par des conflits de délimitation de territoires, devrait être vaccinée contre ce genre de projet aux relents de prééminence expansive. Il est temps que l’Afrique rende justice au Maroc, en lui restituant la plénitude de sa représentation au sein de l’UA. Si le Maroc devrait être en situation de demandeur, malgré lui, ce serait pour un geste de réparation. Et pour qu’il en soit ainsi, il faut que la RASD dégage. |




































| Numéro précédent en ligne |
|
![]() |
Vous pouvez visualisez ou télécharger en PDF le précédent MHI N°965 du 10 au 16 Février 2012 |




Commentaires
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.