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Les importations turques subissent de lourdes taxations douanières

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Une mesure protectionniste aux effets néfastes sur le consommateur

Certains ne comprennent pas l’opportunité et le sens de ces nouvelles taxations douanières alors que le Maroc est lié à la Turquie par un accord de libre-échange signé en 2004.

La nouvelle a choqué les consommateurs des produits turcs au Maroc. Début janvier 2018, les importations de textile et certains produits électroménagers, notamment les réfrigérateurs, de fabrication turque, subissent de nouvelles taxes douanières. Plus de 90% de droits de douane pour les premiers et plus 20% pour les seconds. Une décision lourde prise par le ministère de l’Industrie et du commerce en concertation avec le ministère de l’Économie et des finances dans le cadre de la loi des finances 2018.

Pour la secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur, Rkia Derham, «les droits de douane imposés à certains produits textile-habillement provenant de Turquie constituent une mesure préventive, préférentielle et temporaire prise en raison de la hausse de l’importation de ces produits». Une explication qui n’a pas l’air de convaincre les consommateurs marocains habitués à acheter les produits turcs, considérés comme de très bonne qualité avec des prix défiant toute concurrence. En revanche, ce sont les industriels nationaux qui ne cachent pas leur joie par rapport à cette décision qui va tenter probablement de booster leurs ventes sur le marché local.

Constat alarmant
Certains ne comprennent pas l’opportunité et le sens de ces nouvelles taxations douanières alors que le Maroc est lié à la Turquie par un accord de libre-échange signé en 2004. La décision viole même un article de l’accord qui stipule qu’aucun nouveau droit de douane à l’importation n’est introduit dans les échanges entre les parties à compter de la date d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange. Pour trouver une parade à cette restriction contractuelle, le ministère de l’Industrie et du commerce s’est appuyé sur l’article 17 de cet accord, qui autorise des mesures d’ajustement transitoires d’une durée limitée.

Ainsi, plusieurs produits turcs subissent depuis janvier 2018 une nouvelle taxation douanière pour une période d’un an. Il faut dire que depuis l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre le Maroc et la Turquie, les produits turcs, notamment de textile et électroménagers, envahissent le marché marocain.

S’ils sont prisés par les consommateurs marocains, c’est essentiellement pour leur qualité supérieure et leur prix relativement bas. Mais, revers de la médaille, l’industrie de textile nationale a été considérablement fragilisée par l’accroissement des produits turcs. Une situation que ne cessent de dénoncer les fabricants marocains, qui ont réussi à convaincre le chef de gouvernement d’autoriser l’institution de nouvelles taxes douanières contre les produits turcs. Ces importations ont augmenté de 175% entre 2013 et 2017, selon le ministère de l’Industrie.

Par ailleurs, le secteur du textile national a subi, pendant la même période, 32.000 pertes d’emploi. Pire, selon des statistiques officielles, entre 2008 et 2014, la branche du textile et cuir a perdu environ 119.000 emplois. Un constat alarmant qui a davantage convaincu le gouvernement à adopter une telle mesure protectionniste.

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