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Houda Rihani, La dame au grand cœur

Houda Rihani, née le 28 avril 1975, est une actrice marocaine originaire de la région de Séfrou.

Et la prophétie eut lieu! Son instituteur de collège a vu juste quand il l’a vu actrice. Oui, il fallut attendre le collège pour que Houda Rihani s’éprenne des planches. A son souvenir, le jeu la prenait. Elle avait 12 ans quand elle a joué «en attendant Godot» de Becket. Comme personne… comme personne de ses camarades. «Je me rappelle avoir si bien rempli mon rôle que je fus désignée pour jouer avec les grands», nous dit-elle avec mémoire.

Une prédilection pour la tragédie qui se réclama d’elle sitôt par le biais de ce vers de Mahmoud Derouich qu’elle nous récite d’un parfait par-coeur «Sur les bords d’un temps rude, grandit l’horrible et devint l’enfant aux yeux effarés». Mais les yeux de l’enfant qu’elle était s’apaisaient plutôt à la vue des eucalyptus qui s’alignaient comme une nature à la province Nouaceur de Casablanca, là où elle grandit. «Je ne suis pas une citadine, la nature est mon élément», nous dit-elle. Au final, ne s’est-elle pas imprégnée de dame nature pour devenir ellemême belle nature? Un mot qui revient sur quasi-toutes-les-bouches. «On lui trouve un air de famille, une nature bonne et chaleureuse », nous dit-on. La bonne nature fit son chemin vers L’ISADAC, où elle fut formée à l’interprétation et au jeu. «Une chose essentielle était que l’on nous enseignait à être plutôt un outil au service du rôle», nous dit-elle. D’ailleurs, elle nous confie qu’elle jouait plutôt des rôles masculins que féminins. «Le genre est second, seul l’art importe», nous dit-elle et de rajouter: «L’art n’a pas de sexe».

L’art et la réalité
Chose tout à fait explicable quand on lui parle de son premier moyen métrage, Les quatre cent et un coups, de Abdelhai Laraki, où on lui reprochait un tant soit peu d’exhibitionnisme. Et comme si la réalité devait triompher de l’art, jetée en pâture aux jugements errants, l’actrice nous dit bonnement «si j’avais à rejouer ce rôle, je dirais non, je comprends que ça ait pu choquer plus d’un» et de rajouter «le corps m’était étranger, seul le jeu primait».

L’actrice qui a à coeur la sensibilité du téléspectateur marocain, lui veut, et par autant de coeur, un contenu correct. Car la conception de l’art qu’elle fait sienne lui dicte tout bas que l’art est d’abord une façon de nous hisser tout haut. A bas l’abrutissement peuton l’entendre dire. Ce qu’elle veut, c’est un cinéma marocain digne d’export. Un cinéma voyageur et à public.

Ayant quitté le Maroc pour le Canada, il y a 5 ans de là, elle nous dit: «même le cinéma canadien ne s’exporte pas encore, mais ils y travaillent..travaillons donc à cela». Le canada, comme un souffle blanc. Oui pour y vivre, mais oui pour y préparer son master en gestion culturelle. Chose qu’elle obtint en 2017.
Elle est désormais gestionnaire culturelle. Et l’actrice ne manque pas de courage, car, au Canada, le compteur est à zéro, il faut faire ses preuves, comme elle dit. Un courage qui a fini par payer, car, l’on verra en mois de mars notre actrice dans un long métrage canadien. Elle n’oublie pas pour autant son pays natal, elle sera là le mois d’avril prochain pour un tournage à la ville de Marrakech.

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