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Les hommes battus par leurs femmes

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Bats ton homme; si tu ne sais pas pourquoi, lui le sait

La violence conjugale est  toujours attribuée à  l’homme. Prétendre nuancer  cette constante aux  allures de jugement sans appel,  c’est prendre le risque de s’exposer  à la colère furieuse de la  gent féminine. Et pourtant, des  hommes battus par leur femme,  cela existe aussi. C’est ce que vient  de révéler une enquête diligentée  par le Réseau marocain pour  la défense des droits de l’homme  (RMDH), relayée par notre confrère  Aujourd’hui le Maroc.

Commençons par une clarification  nécessaire des mots. Dans ce cas  d’espèce, “l’homme” n’est pas ce  générique du genre humain dans  sa globalité et son entièreté déclarées  indivisibles. Le vocable homme  concerne uniquement un masculin  constamment à la recherche de  sa plus belle moitié pour aspirer à  devenir entier.

Pour que ses affirmations ne ressemblent  pas à des allégations sans  fondements, le Réseau fournit des  chiffres qui donnent de la consistance  à un sujet qui étonne et qui  dérange.  Pas moins de trois mille cas de violences  faites aux hommes par leurs  femmes ont été enregistrés pour la  seule année 2015.

A cette nuance près que ce nombre  ne couvre pas la totalité d’un phénomène  méconnu. La raison est  toute simple. L’orgueil masculin  est une posture quasi-universelle.  Même si elle est un peu plus  accentuée dans certaines cultures,  comme la nôtre. L’homme maltraité  a du mal à le reconnaître et à le faire  savoir. Un tel aveu peut écorner son  statut de prévalence absolue.

On voit mal, en effet, un individu  bien installé dans sa masculinité  inexpugnable se présenter devant  un juge pour se plaindre des  coups et blessures infligés par sa  conjointe; sous le regard éberlué du  tribunal et des siens.

Encore plus expressif, le genre  de violence attribué aux femmes  n’est pas toujours verbal comme  on pourrait l’imaginer. Entre 20 et  25% des témoignages recueillis par  le Réseau font état de violences  physiques. C’est là où on est proprement  interloqué.On s’embrouille,  tellement c’est l’inverse qui prédomine  dans les actes comme dans  les représentations imaginaires. La  ligne de démarcation entre “genre  faible” et “genre fort” devient totalement  virtuelle.

À ce titre, mieux vaut parler de  genre que de sexe pour éviter et les  anathèmes sexistes ou machistes  et les envolées intellectualistes d’un  féminisme clos et débridé.  Le président de ce Réseau d’enquêtes  et d’informations, Abdelfettah  Bahjaji, se plaint de manquer de  moyens pour tenir le rôle auquel son  association est dédiée.

Il ne dispose pas de local et ne  reçoit pas de subvention. Les plaignants  sont reçus dans les Maison  de jeunes. Difficile d’ignorer les  revendications, voire l’existence  même d’une entité qui participe de  la dynamique d’une société civile en  mouvement.

Auquel cas, ce serait le meilleur  moyen du prêter le flanc aux adversaires  du processus de libération  économique et social de la femme.  Surtout lorsque la femme devient  elle-même un contre-exemple actif  de sa propre émancipation.

Les cas de ce type sont évidemment  sans commune mesure avec la  violence faite aux femmes; mais ils  existent. Comme quoi, une société  matriarcale n’est pas forcément  plus facile à vivre que le bon vieux  patriarcat séculaire

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