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La Hollande s’en mêle

L’ingérence des Pays-Bas dans les affaires intérieures du Maroc devient insupportable

Les relations entre le Maroc et les Pays-Bas se compliquent suite aux déclarations du ministre néerlandais des Affaires étrangères au sujet du verdict du Hirak du Rif.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a convoqué, samedi matin 30 juin 2018, l’ambassadrice des Pays-Bas, Désirée Bonis, suite aux déclarations tenues par le ministre des Affaires étrangères néerlandais, Stef Blok, devant le Parlement de son pays, au sujet des condamnations prononcées à l’encontre des accusés du Hirak, pour lui exprimer «le refus catégorique de toute ingérence dans les affaires internes du Royaume du Maroc».

M. Bourita a appelé l’ambassadrice des Pays-Bas à «respecter les décisions et la souveraineté du Royaume et à ne pas interférer dans ses affaires internes». Mais qu’a déclaré encore cette fois le controversé ministre hollandais? La veille, vendredi 29 juin, Stef Blok avait prévenu les maroco-néerlandais de visiter cet été la région du Rif tout en les invitant à prendre «conscience du risque de s’y rendre», de peur d’être arrêtés. Il a poussé le bouchon loin en promettant de vérifier si l’avertissement pour certaines villes du Rif peut être relevé à un niveau supérieur.

L’année dernière, au moment où les protestations éclataient dans la région d’Al Hoceima, le ministre des Affaires étrangères néerlandais avait tenu les mêmes propos en mettant en garde les Hollandais d’origine rifaine d’éventuelles arrestations s’ils venaient à se rendre au Rif. Il n’en était pas à sa dernière provocation puisqu’en visite au Royaume en avril 2018, il avait abordé avec M. Bourita le cas du Hirak du Rif, faisant des remarques notamment sur la liberté d’expression au Maroc ainsi que sur le respect des procédures judiciaires, en évoquant le cas du procès des détenus du mouvement du Hirak. Des sujets sur lesquels M. Bourita a refusé de débattre, faisant valoir le caractère «interne» de l’affaire.

Autre point de crispation également en rapport avec le Hirak, le cas de Saïd Chaou, sous le coup de deux mandats d’arrêt internationaux. L’ancien député PAM de la région du Rif, «réfugié» aux Pays-Bas, est soupçonné par les autorités marocaines d’avoir alimenté financièrement et sur le plan logistique un mouvement séparatiste dans le Rif en 2016. Un tribunal néerlandais a refusé de l’extrader vers le Maroc, provoquant une crise diplomatique entre les deux pays en 2017. Selon le site d’information néerlandais Omroep Brabant, la justice néerlandaise a estimé que «les garanties présentées par le Maroc ne sont pas suffisantes pour écarter le risque d’un procès inéquitable»

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