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La hogra a encore frappé

Le jeune Brahim accuse un caïd de l’avoir rendu hémiplégique

Il y a quelques semaines encore, le jeune Brahim, 19 ans, ne s’imaginait pas passer le restant de ses jours allongé dans le salon familial à Tanger. Agressé, selon le récit livré par ses parents, par un caïd qui menait une opération contre les vendeurs à la sauvette qui pullulent dans le quartier de Béni Makada, il est désormais hémiplégique.

Son affaire a beaucoup ému dans la ville du détroit, surtout dans son lycée Ahmed Hansali, où Brahim était en première année du baccalauréat professionnel. Ses camarades du lycée ont tenu un sit-in pour protester contre le sort qui lui a été fait. Des larmes coulaient sur les joues de beaucoup d’entre eux au moment de découvrir leur camarade, hier encore plein de vie, condamné dans un fauteuil roulant.

Le ministère de l’Intérieur a, depuis, annoncé la mise à pied du caïd, relevé de ses fonctions le temps que le parquet fasse son travail. Cela n’a pour autant pas fait baisser le sentiment de colère et d’injustice chez sa famille et ses proches. Les faits se sont déroulés le 21 avril 2018. Employé dans un magasin de Béni Makada, Brahim aurait été confondu avec les vendeurs que le caïd était venu chasser.

Ce dernier l’aurait traité de chien, ce que le jeune homme refuse. Les coups auraient alors plu, si violemment que Brahim n’arrive donc plus à bouger son côté gauche. Hospitalisé à l’hôpital Mohammed-V, son médecin traitant lui diagnostique également un fort choc psychologique, dans la mesure où il ne s’attendait pas à voir sa vie gâchée à un si jeune âge.

Constamment sous calmant, il panique désormais à chaque fois qu’il voit des éléments des forces de l’ordre. Ses parents répètent que l’agression dont aurait fait l’objet leur fils a été filmée par les caméras de surveillance du magasin où il travaillait et qu’elle est donc authentifiée. Les responsables politiques ne se sont, pour l’instant, pas encore vraiment prononcés sur l’affaire. Ce n’est pas la première fois que des représentants des autorités sont mis en cause dans des affaires d’agression de citoyens.

Le 9 avril 2016, «Mi Fatiha», modeste vendeuse de crêpes de la ville de Kenitra s’était immolée après la saisie de sa marchandise, apparemment mal traitée par un caïd. Plus récemment, une fille de Lakhyayta, dans la banlieue de la ville de Casablanca, a perdu la vue après l’intervention d’un caïd venu arrêter son père à son domicile. Ce dernier cas n’a cependant pas (encore) donné lieu à des mesures disciplinaires

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