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HICHAM BAHOU: « La programmation comporte beaucoup de clins d’oeil à Tonton »

Le festival L’Boulevard se tient du 14 au 23 septembre 2018 au stade du Racing universitaire de Casablanca (RUC). Hicham Bahou, codirecteur de cet événement culturel d’envergure, revient avec nous sur nous sur cette 18ème édition du festival.

La 18ème édition du festival L’Boulevard se tient du 14 au 23 septembre 2018. Que réserve-t-elle à ses fans?
L’édition 2018 du festival L’Boulevard se tiendra au stade du Racing universitaire de Casablanca (RUC). Cette année, nous serons sur un seul site mais nous avons rajouté la journée du 27 septembre 2018 aux festivités. Ce qui nous fait 7 jours de scènes.

Un mot sur le programme de cette année…
Nous faisons toujours en sorte que notre programmation soit diversifiée. Nous proposons donc un panel varié de musiques urbaines, mais pas seulement. Nous sommes très attachés à la musique populaire traditionnelle et au patrimoine culturel marocain. Au menu donc, des artistes de la scène marocaine émergeante. Des artistes actifs et productifs, qui ont un public et qui sont impliqués dans des projets qu’ils développent. Nous offrons également la scène à des artistes qui ne sont pas dans les circuits habituels de production. A côté du programme musical, il y a la compétition du «Tremplin» avec 19 groupes sélectionnés dans tout le Maroc. Au programme également 5 résidences de création musicale, dont une autour de la«Aïta» et une autre avec le projet «Afrikayna».

Des têtes d’affiche?
Il y en a, bien entendu, comme Chayfeen+Madd, l’Orchestre national de Barbès… Nous choisissons des artistes assez particuliers comme le groupe belge Black Flower,Sofiane Saidi et Ma-Zalda, Nix, Tootard…

L’édition 2018 est la première depuis la création de L’Boulevard en 1999 sans Amale Samie, alias «Tonton». De quelle manière comptez-vous lui rendre hommage?
L’édition de cette année est spéciale. Le festival est un hommage à Amale Samie, qui a accompagné cet événement depuis sa création. Les artistes de la scène marocaine ainsi que l’équipe du festival lui dédient cette édition. Ce grand journaliste, mélomane et poète dans l’âme a écrit beaucoup d’articles sur L’Boulevard. Il connait personnellement presque tous les artistes. Pour lui rendre hommage, nous organisons une résidence Rock métal qu’on a appelée Are you experienced? (Un titre de Jimmy Hendrix) avec un groupe de musiciens qui connaissaient très bien Tonton. Et puis dans la programmation, il y a beaucoup de clins d’oeil à Tonton. Sur l’affiche, déjà, on voit la tête de Tonton en tant que chef indien avec en arrière-plan la montagne qu’il a toujours portée dans son coeur.

Comment se prépare un festival comme L’Boulevard?
Tonton disait: «On fait ce qu’on a à faire dans la joie et la bonne humeur». Nous avons toujours suivi cette recommandation. Travailler avec le sourire nous permet d’être productifs et de tenir sur la durée. Nous avons un travail colossal à accomplir en amont, sur le plan technique qui accompagne la programmation et la production. De grands efforts de coordination sont également à fournir. En plus, nous devons toujours être prêts pour les changements et les imprévus qui ne dépendent pas de nous. Heureusement que le festival est porté par des professionnels. L’Boulevard, c’est une tribu avec des personnages atypiques, mais avec beaucoup de valeur ajoutée.

Aujourd’hui, L’Boulevard fête ses 18 ans. Il est passé à l’âge adulte. Quel bilan faites-vous de ce parcours et comment voyez-vous l’évolution de cet enfant que vous avez vu grandir?
Le festival est lié au contexte culturel du pays. Nous sommes là pour être utiles et non pour proposer du divertissement gratuit. L’Boulevard offre une vision de la culture qui sort un peu des sentiers battus proposés par les circuits classiques. Au fil des éditions, nous avons développé et agrandi le festival. Nous avons appris le métier. Aujourd’hui, nous sommes capables de produire un grand festival professionnel en optimisant les moyens. Mais notre souhait le plus cher, c’est de voir beaucoup de projets de ce genre au Maroc. Je parle de festivals locaux qui développent la scène culturelle marocaine. Après 18 ans d’existence, nous n’en sommes qu’à nos débuts. Nous avons tellement de choses à donner.

L’Boulevard est organisé par une association à but non lucratif. Il a connu des moments difficiles, mais il a toujours tenu la route. C’est quoi, son secret?
Notre recette se résume à deux ingrédients, simples mais efficaces. Premièrement, l’amour et la passion sincères qui ont fait que nous avons réussi à toucher des gens qui partagent avec nous cet amour et l’assument. Deuxièmement, quand on travaille dans ce milieu, il faut intégrer l’idée que ce n’est pas avec la culture qu’on va devenir riche. Il y a un choix à faire et à assumer; celui de donner sans attendre de recevoir, dans la durée. Et, pour durer, il faut construire et résister. Pendant 18 ans, nous avons eu mille raisons d’arrêter, mais nous avons bataillé pour survivre. Avec le temps, L’Boulevard a réussi à s’imposer et à asseoir sa crédibilité.

Comment se porte le festival financièrement?
Cette année, nous avons reconduit les partenariats de l’année dernière. Nous sommes parvenus à assurer l’équilibre budgétaire et à développer notre programmation.

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