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HARO SUR L’OBÉSITÉ

Abdellatif Mansour

NOUS SOMMES, VALEUR AUJOURD’HUI, PRÈS DE 7 MILLIONS À AFFICHER UN SURPLUS DE CORPULENCE.

Nous avons, autant que nous sommes, pris du poids. On aurait souhaité que ce soit au niveau économique et politique sur le vaste espace international. Certes, il y aurait un peu de cela, sans autre forme de gloriole excessive; mais ce n’est pas exactement le cas. Effectivement, nous pesons plus lourd par rapport à la moyenne mondialement convenue; mais juste sur le pèse-personne du pharmacien du quartier. Concrètement, nous transportons des kilos superflus qui entravent notre mise en mouvement vers le meilleur. À quelques kilos près, la dynamique n’est plus la même. Foi de l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture, FAO pour les habitués à ces acronymes barbares.

Dans son tout dernier rapport, rendu public le 15 septembre 2017, cette antenne onusienne nous met en garde. Nous sommes, valeur aujourd’hui, près de 7 millions à afficher un surplus de corpulence; alors que nous n’avions, parmi nous, en 2004, que 5 millions de concitoyens à présenter des symptômes d’obésité avancée. Dès lors qu’il s’agit des plus de 18 ans, cela ne fait qu’aggraver la tendance. La tranche d’âge ciblée est la plus supposée productive de la pyramide démographique. Disons “supposée productive”, pour être plus près de la réalité, car il faut bien soustraire les 25% de jeunes chômeurs qui ne demandent qu’à être productifs. Mais passons sur ces “menus détails” qui font les grands événements. Si l’on renvoie à l’ensemble de la population, on est passés de 15,2% à 20,6% de trop bien-portants, entre 2004 et 2016.

Sans donner de leçons de bonne conduite alimentaire, avouez qu’on est carrément sur une mauvaise pente. D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une augmentation bénéfique du volume musculaire, mais d’un dépôt maléfique de graisse par ceinture superposée à hauteur de la taille. La tendance devient encore plus inquiétante lorsque cette agression physiologique concerne les enfants. Fort heureusement, au lieu des 13,3% en 2004, nous n’avons que 10% de petits obèses en 2016. Autrement dit, nos petites têtes brunes seraient plus raisonnables que nos grosses têtes adultes. Ces derniers seraient donc plus regardants sur la santé de leur progéniture, sans pour autant se priver des petits délices qui font de gros dégâts.

Les parents mauvais exemple font ainsi passer toute la société pour ce qu’elle n’est peut-être pas. En tout cas, pas tout à fait, lorsqu’on met en interface l’offre et la demande. Une société d’abondance, à se pourlécher les babines, rien qu’à voir les étalages achalandés des boutiques de viande et de légumes, entre beaucoup d’autres produits. Soit. Mais encore faut-il en avoir les sous; du moment que rien n’est gratuit. Bizarrement, le facteur “moyen” apparaît comme un élément de régulation forcée du régime alimentaire des plus démunis; ou un rétro-pédalage volontaire des plus nantis.

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