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Hamid Chabat en équation

Hamid Chabat – ©ph:DR

Amendement des statuts du Parti de l’Istiqlal en congrès extraordinaire

À s’en tenir aux résultats du  congrès extraordinaire de samedi  29 avril 2017, à Rabat,  le Parti de l’Istiqlal a pu préserver  son unité. De fait, rien  n’est encore réglé tant des hypothèques continuent  à peser de tout leur poids pour la suite.  Devant un millier de participants, Hamid  Chabat a insisté sur la place et le rôle de la  formation istiqlalienne. Il a insisté sur le fait  que “la direction du parti est unie pour réussir  le 17ème congrès”. Il a fait jouer tous les  registres habituels tels des versets du Coran  et des hadiths pour mettre en exergue les vertus  de la bonne entente. Tous les “frondeurs”  étaient là –son rival Hamdi Ould Rachid et  Abdessamad Kayouh, Nizar Baraka et tant  d’autres responsables ainsi que Karim Ghallab  et Yasmina Baddou “suspendus” puis réintégrés  par décision de justice. Ne manquait  à l’appel que le président du conseil national,  Taoufik Hjira qui, lui, n’avait pas actionné une  procédure judiciaire pour reprendre sa place  et sa fonction.

À l’ordre du jour, un seul point: l’amendement  des articles 54 et 91. Le premier a trait  à l’éligibilité au secrétariat général de tout  membre ou ancien membre du comité exécutif.  Quant au second, il regarde la faculté de  tout membre du conseil national de faire partie  de la commission préparatoire du congrès.  Ces modifications ne sont pas anodines. Elles  permettent ainsi à Nizar Baraka, candidat  pressenti, de se présenter. Elles font également  sauter le quota de 150 membres de la  commission préparatoire du congrès arrêté  par M. Chabat où il disposait d’une majorité  qu’il avait veillé à faire élire. Désormais, toutes  les cartes sont rebattues et le secrétaire général  n’a plus la haute main sur les effectifs  des instances du parti: il est ainsi minoritaire  tant au sein du comité exécutif que du conseil  national. De quoi conduire, à terme, dans la  perspective de la préparation des assises du  17ème congrès à un rapport de forces peu favorable  à la reconduction de Hamid Chabat pour  un second mandat.

Composition à géométrie variable
Pour l’heure, il semble bien décidé à postuler  et il le fait savoir. Mais qu’en sera-t-il le moment  venu? Malgré ses bravades et son égo  quelque peu surdimensionné, il ne peut ignorer  par pragmatisme et réalisme que le vent a  tourné et qu’il n’a plus l’autorité ni la légitimité  pour escompter une autre mandature.

Reste à régler de nombreux problèmes.  Quelle est en premier lieu la configuration  du conseil national actuel? Aucun fichier  précis n’existe alors que sa composition est  à géométrie variable. Le comité exécutif est  d’ailleurs à pied d’oeuvre ces jours-ci pour “toiletter”  toutes les listes. Quelque 80 femmes  en sont membres sans que l’on sache au vrai  d’où leur vient cette qualité. Une autre centaine  d’hommes sont dans la même situation  de “zone grise” sans de réelles justifications  d’adhésion.

Un contingent donc de membres  de “la vingt-cinquième heure” désignés lors du  16ème congrès et plus encore lors du conseil  national qui a suivi en janvier 2013. Autre difficulté:  quelle sera la représentation des douze  congrès régionaux dans le conseil national?  Par ailleurs, qui va faire partie de la direction  de la commission préparatoire du 17ème  congrès, celle-ci étant aujourd’hui présidée  par Abdellah Bekkali? Enfin, quelle date pour  ces assises-là? Hamid Chabat veut gagner  du temps et soutient un agenda pour le mois  de septembre. Une proposition contestée par  tous ceux qui préfèrent plutôt le 7 juillet pour  s’inscrire dans le regain de la dynamique actuelle  de restructuration.

Avec le 17ème congrès, une majorité se mobilise  pour une rupture avec cette “ligne” et une  normalisation de la vocation gouvernementale  historique de la formation istiqlalienne

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