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HALTE AUX BEN ALLAL

WISSAM EL BOUZDAINI

Le président du conseil communal de Harhoura destitué

LE PRÉSIDENT DU CONSEIL DE HARHOURA INCARNAIT TOUTES LES TARES DU CONSEIL COMMUNAL MAROCAIN.

Tout n’est pas noir au plus beau pays du monde. Pour une fois, il faut saluer le travail mené par l’inspection générale de l’administration territoriale, qui a permis la destitution du président du conseil de la ville de Harhoura, Faouzi Ben Allal. Ce dernier, qui dirige la commune en question depuis septembre 2003, s’était rendu coupable de plusieurs impairs au cours des quinze dernières années, comme l’ont mis en lumière les équipes de la walie Zineb El Adaoui, que le roi Mohammed VI avait désignée à la tête de ladite inspection en juin 2017.

Délivrance de permis de construire sans en référer à l’agence urbaine, non perception de la redevance devant dans certains cas être payée en contrepartie de l’occupation du domaine public communal,… M. Ben Allal a incarné, jusqu’à sa démission le 7 novembre par laquelle il voulait anticiper une éventuelle condamnation, toutes les tares du conseil communal marocain faisant carrière plus pour tirer profit des positions qu’il est susceptible d’occuper que pour servir ses concitoyens. Bien évidemment, ce mal n’est pas endémique et concerne à peu près tous les pays du monde, des plus pauvres aux plus riches.

Aux Etats-Unis, où je vis depuis un moment, il n’est pas rare de voir un responsable politique jeté en prison après avoir été pris la main dans le sac. Mais là où ailleurs la justice agit avec célérité dès lors qu’elle a en mains des éléments suffisamment probants, c’est tout le contraire qui semble prévaloir au Maroc. Les juges n’en sont pas forcément responsables. Beaucoup s’illustrent par leur probité et leur respect sourcilleux des lois, et veillent à ne point s’écarter du code d’honneur régissant leur profession depuis la nuit des temps. A vrai dire, les juges sont eux-mêmes les premières victimes d’un système dont le fragile équilibre tient sur une quasi impunité en échange d’une fidélité sans bornes, quand bien même feinte. Au rang des coupables, des responsables de l’engeance de M. Ben Allal, qui n’hésitent pas à enfreindre le contrat moral les liant à leurs électeurs, en misant sur l’inaction contrainte des agents de l’Etat.

Dans la foulée du Printemps arabe, le roi Mohammed VI avait saisi l’occasion pour lancer, en mai 2012, un important chantier de réforme de la justice. Cette réforme s’est notamment traduite, depuis octobre 2017, par l’indépendance du parquet, dirigé par Mohamed Abdennabaoui, juge de carrière reconnu pour sa compétence et surtout pour ses qualités morales. Au plan de l’administration, des changements sont également en cours, illustrés notamment par la purge entamée en décembre 2017 sous la férule du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, dans le sillage du mouvement social de la province d’Al-Hoceima. Dans plusieurs de ses derniers discours, le roi Mohammed VI a mis l’accent sur la nécessité de procéder à un reliftage de fond en compte des départements concernés. La balle est désormais dans le camp des électeurs.

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