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Grand angle, du figuratif à l’abstraction

Olivier Dassault à l’Atelier Grognard, Rueil-Malmaison

Photographe, Olivier Dassault ne s’accroche vraiment pas à la recherche visuelle. Son souci va au-delà, à la recherche d’une sorte d’authenticité cachée.

Après Marrakech puis New York, en novembre 2017, l’Atelier Grognard, à Rueil-Malmaison, dans l’ouest parisien, accueillera une rétrospective du photographe Olivier Dassault jusqu’au 26 février 2018. Son thème: «Grand angle, du figuratif à l’abstraction ». Olivier Dassault? C’est une vie, ou plusieurs vies, se nourrissant l’une de l’autre et qui donnent à sa personnalité un profil est un parcours peu conventionnel. Un grand-père de génie, Marcel Dassault, avionneur de génie, fondateur du groupe éponyme, cela pèse sur la construction d’un jeune homme.

Le voilà pilote professionnel en 1974, à 23 ans, diplômé de l’École de l’air. Cela ne lui suffit pas et il décroche ensuite un doctorat en mathématique de décision. Puis ce sera une autre vie, une carrière politique –il a été encore réélu en juin 2017 député de l’Oise– couplée à un grand intérêt pour les questions économiques nourries par le professorat à HEC et plusieurs ouvrages sur le commerce et la mondialisation. Autre versant de sa vie et de ses passions: la musique. Compositeur, il signe la musique de plusieurs films (José Giovanni, Claude Zidi, Walerian Borowczyk…).

Tonalités inspirées
Reste la photo –c’est là une longue carrière de quelque quarante ans. Une promenade artistique autour de portraits (Jane Birkin, Isabelle Adjani, de multiples clins d’oeil de figures internationales et des hommages à Georges Braque, Nicolas de Staël, Soulage et tant d’autres. Un marathonien, donc, qui n’est finit pas de se livrer: Olivier Dassault est, au fond, en quête de lui-même tout en s’intéressant aux autres. Comment travaille t- il? Qu’est-ce qui accroche son regard? Et l’instantané? Il y a eu sans doute l’attrait du noir et blanc, des cadrages équilibrés de la géométrie, mais aussi, et de plus en plus, autre chose: des tonalités inspirées des peintres impressionnistes. Tout cela donne à Olivier Dassault une pâte propre, un langage, un style. Il s’agit, au final, d’une sorte d’allégeance où se conjuguent la lumière et la couleur dans l’univers de l’abstraction. Les formes et les couleurs sont ainsi combinées; elles arrivent à se croiser, à se multiplier, à s’ordonner aussi en figures, comme l’a justement noté tel critique d’art. Assurément, c’est un nouveau langage esthétique qui n’en finit pas de se prolonger et de se renouveler. Il ose, risque même les grands écarts sans sa quête permanente de formes possibles.

Photographe, Olivier Dassault ne s’accroche vraiment pas à ce qu’il voit, à la réalité visuelle, telle qu’elle peut se présenter. Son souci va au-delà, à la recherche d’une sorte d’authenticité cachée et ce à coups de multiples procédés de combinaison, de fragmentation et de juxtaposition. Il a sans doute fait sien ce titre d’un ouvrage de Paul Claudel: L’OEil écoute. Ce qui lui permet, au passage, avec la sculpture, la peinture et la musique de se dérober au monde mais, en même temps, de s’unir à lui. Aller aux limites du visible en recourant au départ au regard visuel: tel est l’un des fils d’Ariane du photographe.

Dans tout cela, il est connecté à la vie mais en la transcendant d’instinct. Un «attrapeur de lumières» braconnant dans l’invisible, campant dans un champ particulier: celui des bâtisseurs d’harmonies visuelles jusqu’aux éblouissements. Une oeuvre qui est celle d’un «activiste» dans un combat visuel.

Sophia. S.

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