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Le gouvernement s’apprête à annuler la gratuité du lycée

Vers la fin de l’école publique ?

Wissam El Bouzdaini

Wissam El Bouzdaini

Déjà qu’on avait un  enseignement à deux  vitesses, va-t-on se  retrouver bientôt avec  un système à une seule vitesse,  ne favorisant plus que les riches?  C’est ce qu’on peut croire à partir  du projet de loi que s’apprête à  adopter le gouvernement Abdelilah  Benkirane, et qui devrait annuler la  gratuité du lycée.

On pouvait s’y attendre,  certes, d’autant que le chef  de gouvernement s’était  personnellement prononcé en  2014, lors d’une conférence de la  Banque africaine de développement  (BAD), pour faire de l’éducation,  mais aussi de la santé par ailleurs,  un secteur économique comme  les autres, régi par les règles du  marché, c’est-à-dire de l’offre et  de la demande. Une direction que  défendait aussi en outre, dans la  ville de Genève en Suisse la même  année, la ministre de la Solidarité,  de la Femme, de la Famille et du  Développement social, Bassima  Hakkaoui, au Comité des droits de  l’enfant (CDE) de l’Organisation des  Nations unies (ONU).

Celle-ci exprimait même son  vœu que le privé accueille, dans  les plus brefs délais, au moins un  cinquième du total des enfants scolarisés. Mais sur quoi se base  le gouvernement pour défendre de  telles vues? On peut, à cet égard,  mentionner deux types de raisons,  les unes endogènes et les autres  exogènes.

Dans la première famille, on  peut, entre autres, revenir au  corpus idéologique du Parti de  la justice et du développement  (PJD), la principale formation du  gouvernement, qui en sus de  son projet de société islamiste  appuie un libéralisme économique  décomplexé; d’où, notamment,  sa politique ces cinq dernières  années, favorisant un État plus  régulateur qu’acteur.

S’y ajoute aussi les directives  des institutions financières  internationales, à l’instar  principalement du Fonds monétaire  international (FMI), auprès duquel le  Maroc est financièrement engagé,  et qui doit en échange se plier à  certaines directives précises.

Cela dit, le Royaume y gagne -t-il ? Dans certains secteurs, la  libéralisation peut effectivement  aider au développement  intrinsèque, essentiellement  dans les services. Mais peut-on  considérer l’éducation un secteur  comme un autre? Car même des  pays pourtant riches, où une  grande partie de la population a les  moyens de se payer des études,  l’enseignement est prodigué  gratuitement au nom de l’égalité et  de la justice sociale.

On peut citer, entre autres, les pays  nordiques, où le produit intérieur  brut (PIB), rapporté à chaque  habitant, atteint des sommets, mais  où le privé répond uniquement à des  besoins de diversité pédagogique,  en ce qui concerne notamment les  écoles confessionnelles.

L’éducation par ailleurs, comme  tous les secteurs sociaux, ne peut  faire le lit de la marchandisation,  en ce qu’ils sont décisifs dans le  développement humain de l’État.

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