Dépêche
Accueil » Société » Le gouvernement lance un plan de rapatriement

Le gouvernement lance un plan de rapatriement

Manifestation des familles des Marocains bloqués en Libye

Deux opérations de rapatriement sont prévues par le gouvernement. Elles sont l’espoir des familles de ces migrants marocains dont les conditions de détention dans les prisons libyennes sont horribles.

Après le choc et la consternation, place peut-être à l’espoir. Les centaines de Marocains bloqués en Libye, victimes d’esclavagisme et de traite d’êtres humains comme des milliers de leurs frères africains, verront bientôt le bout du tunnel. En tout cas, c’est ce que leur promet le ministre des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration, Abdelkrim Benatiq, qui a pris un engagement ferme, devant les députés, de rapatrier nos concitoyens qui vivent un calvaire incroyable.

Deux opérations importantes sont, ainsi, prévues. La première dans les tout prochains jours et la seconde vers la fin de l’année. Mais tout cela avec le concours d’autres départements ministériels. Ces deux opérations font suite à un premier rapatriement réalisé en août 2017, à la veille de l’Aïd Al Adha, portant sur 190 Marocains.

Le 27 novembre dernier, des dizaines de familles marocaines ont manifesté devant le ministère des Affaires étrangères, à Rabat, pour réclamer le retour de leurs proches. Beaucoup de manifestants ont brandi des portraits de leurs enfants, parfois de très jeunes hommes, partis à la recherche d’une vie meilleure. Mais la situation sécuritaire chaotique en Libye et l’existence des réseaux de trafic d’êtres humains en ont décidé autrement. La vie meilleure pour laquelle ils sont partis a rapidement basculé vers une vie cauchemardesque. «Mon fils est parti en Libye après ses études et il est aujourd’hui détenu dans une prison libyenne», a déclaré Fatna Kharbouch, une des mères venues crier leur colère.

Fermeture de l’ambassade
Les familles de ces migrants clandestins, pour la plupart originaires de Khouribga, Beni Mellal et Fqih Bensalah, s’efforcent depuis plusieurs semaines de mobiliser l’opinion publique pour pousser les autorités à intervenir. Il y a une semaine, le gouvernement marocain a annoncé la création d’un comité de suivi pour piloter le retour des Marocains bloqués en Libye dans des conditions qui préservent leur sécurité et leur dignité. Selon une source proche du gouvernement, «il est difficile de vérifier les identités des Marocains qui demandent à rentrer, mais ils sont estimés entre 500 et 700».

Selon le comité de soutien aux familles, la fermeture de l’ambassade du Maroc à Tripoli, début 2015, a davantage compliqué le dossier. «Le Maroc déporte des milliers d’Africains vers leur pays d’origine et en même temps, nous avons 700 Marocains délaissés dans des centres et des prisons, sans que personne ne leur donne des papiers pour voyager en toute dignité», s’indigne, de son côté, Azzedine Tabit, un des membres de la Coordination des Marocains résidant en Libye, créée par les familles.

En plein chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est une plaque tournante du transit de migrants africains cherchant à gagner l’Europe. Le 14 novembre, un documentaire choc de la chaîne de télévision américaine CNN a exposé l’existence de ventes d’esclaves près de Tripoli, indignant le monde entier.

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !