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GHASSAN BOUHIDOU, DE COMÉDIA À STAR DU WEB

 

Un comédien précoce

Son chapelet autour du cou n’est pas qu’un effet de mode, il révèle aussi un goût prononcé pour les philosophies spirituelles: Yoga, bouddhisme, soufisme, etc. C’est d’ailleurs dans un restaurant asiatique que Maroc Hebdo a rencontré ce jeune homme branché, cheveux frisés et barbe fournie. «Asseyons nous ici, c’est mieux !», nous dit-il, soucieux de trouver un endroit chargé d’ondes positives.

Ghassan a un style qui le distingue
Yeux grands ouverts, tout ouïe, tout sou- rire face à ses interlocuteurs, cet animateur-comédien à l’imagination débordante est capable d’aborder avec spontanéité et humour Monsieur et Madame tout le monde concernant des sujets souvent délicats: changer de religion, mariage mixte, virginité, avortement, Marocains et alcool… Son goût pour les questions existentielles, ce natif de Oued Zem en 1988 l’a reçu d’un père qui a fait des études en philosophie et qui enseigne dans le privé. De sa mère, qui a étudié la psychologie et qui gère une auto-école, Ghassan Bouhidou a hérité cette intelligence émotionnelle.
Il parvient ainsi à donner un aperçu des réactions des Marocains face à la diffé- rence. Dans l’une de ses vidéos qui avait pour thème «l’homosexualité», on a droit à diverses réactions. Des plus agressives, aux plus tolérantes, comme ce balayeur qui lui répondra: «qu’ils vivent en paix !».
Ceci n’empêche pas des commentateurs sur Youtube d’accuser Ghassan de sélec- tionner des personnes au faible niveau d’instruction pour s’en moquer. Chose que réfute Ghassan. «Ce que je cherche, c’est contribuer à éveiller les consciences par le rire. J’essaie de mettre le doigt sur les contradictions et les préjugés adoptés par les Marocains sans effort critique. Je cherche aussi à montrer la beauté de l’âme marocaine, son hospitalité et sa tolérance», explique-t-il.
Depuis tout jeune, Ghassan a voulu faire rire. Et partout, il laissait s’exprimer son talent: chez lui, à l’école, dans les colonies de vacances, à la maison des jeunes. Peut- être un moyen d’attirer l’attention et de se faire aimer des autres.

Casting éprouvant

Devenir comédien a toujours été son rêve. Pour y parvenir, il était prêt à frapper à toutes les portes. Intégrer l’Institut supé- rieur d’art dramatique et d’animation cultu- relle (ISADAC) à Rabat s’imposait comme sa voie. Mais il n’y accédera pas, même s’il a été sélectionné parmi les 30 candidats finaux sur les 300 au départ. Déçu, cet émotif ira verser quelques larmes dans les bras de sa famille à Oued Zem.

«Le jury a jugé que j’étais trop jeune», se rappelle-t-il. Mais ce n’est pas pour autant que ce comédien précoce désespère. Il reviendra à Rabat en 2006 suivre une for- mation en tourisme, et ses colocataires ne sont autres que des étudiants de l’ISADAC. Ils l’initieront à l’art dramatique pendant deux années et monteront même une pièce ensemble. En 2008, une autre porte s’ouvre à lui: l’émission Comédia. «Enfin un Marocain qui fait rire!», le félicite alors Amal El Atrach, membre du jury, lors d’un casting apparemment éprouvant. Cette émission le révèlera. Il se fera ainsi connaître petit à petit auprès d’un large public.

Aujourd’hui, l’ensemble de ses micro-trottoirs totalise plusieurs millions de vues. Il veille lui-même à tous les détails de leur confection. Pour évoluer encore et offrir un produit à la hauteur de son ambition, Ghassan s’inscrit dans une école de cinéma à Casablanca. Après avoir, tour à tour, écrit des scénarios pour des sitcoms, animé une émission pour enfants à la télévision, réalisé un court-métrage et des micro-trot- toirs, Ghassan rêve de réaliser un jour un long-métrage. Avec toujours comme objec- tif de faire rire de manière intelligente, animé par l’Amour avec un grand A.

 

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