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Le geste salvateur du RNI

Driss Lachgar et Aziz Akhannouch. ©ph:MAP

L’USFP récupère son groupe à la chambre des représentants

Avec ses deux députés miraculeusement repêchés, Driss Lachgar peut enfin souffler. Le temps d’une législature.

Mais qu’est-il arrivé à cet ex-grand parti historique pour tomber aussi bas? Au gré des consultations électorales, l’USFP poursuit sa chute libre vers des petits scores qui résonnent comme un démenti de son aura populaire dans un passé proche. Les toutes dernières élections partielles confirment cette tendance baissière. Ce fut d’abord la défaite de Mohamed Belfkih, candidat USFP à Sidi Ifni, qui n’a pas pu récupérer son fauteuil à la Chambre des représentants, remis sur le tapis par son concurrent du RNI.

Le parti de la Rose a déjà eu des difficultés à franchir le plancher de 20 députés pour constituer un groupe parlementaire. Il a passé toute une session sans groupe. Une première dans les annales du processus démocratique.

On est loin des 57, puis 50 sièges des législatives de 1997 et 2002 totalisés par un USFP arrivé en tête des partis de l’échiquier politique. Et c’est d’autant plus grave que le sauvetage est venu d’un lieu politique inattendu. Le RNI, s’est, cette fois-ci, porté au secours d’un parti socialiste aux abois, pour que ses candidats, Abdelhamid Aberchane et Saïd Baaziz, soient les favoris des urnes intelligentes dans les partielles de Nador et de Guercif. Une question de survie.

Avec ses deux députés miraculeusement repêchés par un ancien adversaire politique, Driss Lachgar pouvait souffler le temps d’une législature. Un bail qui peut réserver bien des surprises. Quel enseignement peut-on tirer de ces volte-faces de haute voltige politicienne, sous couvert d’électoralisme avoué? Certes, la carte politique bouge, mais vers plus de confusions. Déjà difficile à déchiffrer pour le commun des mortels, sa lecture est devenue pénible pour les mordus de la chose publique.

L’usure du pouvoir
Pour la législature en cours, plus que pour la précédente, on a du mal à trouver réponse à une question simple: qui gouverne, à partir de quel pouvoir effectif en tant que chefferie de la primature ou d’un département ministériel? Un échafaudage institutionnel tellement aléatoire que l’USFP, sous la férule controversée de Driss Lachgar, s’y est perdu. À ceci près que la mort lente du parti de Abderrahim Bouabid et de Abderramane Youssoufi n’a rien à envier aux deux autres alliés de l’ancienne opposition, l’Istiqlal et le PPS, qui, ne sachant plus où mettre le cap, semblent avoir perdu pied.

Est-ce à dire que les partis historiques n’ont plus leur place dans la nouvelle configuration politique du pays? Au plan strictement électoral, l’usure du pouvoir a eu plus d’effet sur l’USFP, tellement les vocations de ministrabilité étaient nombreuses et bruyamment concurrentielles. Tout se passe comme si l’USPF avait du mal à assumer sa gloriole passée, tout en existant dignement dans le présent.

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