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Le FMI nous surveille de très près

Réforme et nivellement par le bas

Les consignes du FMI ont toujours été une médication à haut risque. Moins d’argent de l’État pour les services sociaux, tout en préservant la paix sociale et la stabilité politique. Une duplicité douteuse.

Les projets de réforme ficelés, en phase d’application ou toujours dans le pipe, se bousculent au portillon. Sommes-nous à la veille d’un nouveau plan d’ajustement structurel (PAS) qui ne dit pas son nom? C’est le sentiment qui prédomine actuellement; avec ses appréhensions et ses craintes au niveau social. Le PAS, mis en oeuvre pendant une dizaine d’années à partir de 1983 n’a pas laissé que de bons souvenirs en termes de contre performance économique et de régression des droits sociaux. Le tout avec la bénédiction des instances financières internationales.

Mais l’appréciation la plus significative, de par son impact socio-économique au plan national et à l’international, nous vient du FMI. Il y a quelques jours, Nicolas Blancher, chef de consultation de la mission FMI pour le Maroc, donnait son évaluation sur les réformes exigées et engagées. Il estime qu’elles vont dans le bon sens, mais que certaines réformes clés traînent le pas.

Dépenses extraordinaires
De même qu’il invite le gouvernement à poursuivre «l’effort d’assainissement budgétaire », à moins, pense-t-il, que la pression sociale, type Jerada, ne le contraigne à des dépenses extraordinaires, tel que le relève notre confrère L’Économiste du 19 mars 2018. Il faut comprendre par là deux nécessités considérées primordiales. La réduction draconienne de la masse salariale globale et des coupes franches dans le financement des ministères jugés budgétivores.

C’est dire que l’instance de contrôle de l’économie mondiale nous tient à l’oeil. Tantôt, elle nous félicite; tantôt, elle nous tire les oreilles. Comble du machiavélisme qui caractérise la haute finance mondiale, le FMI, lors de sa dernière évaluation de l’état de l’économie marocaine, met en garde des répercussions et réactions plausibles. Le diction marocain qui convient à cette duplicité sans vergogne est celui du «vendeur de singe qui se moque de l’acheteur». Pour réduire autant que possible la marge de risque de débordement, inhérent à ce genre de situation, convocation a été faite, à la mi-mars 2018, aux partenaires sociaux pour engager un dialogue avec le gouvernement.

Le dialogue, jusqu’ici confus et sans effet, allait enfin être audible. Le gouvernement, en la personne de son chef, n’était pas venu les mains vides. Saâd Eddine El Othmani avait des proposition concrètes, en terme de salaires et de droits, à mettre sur la table. Comme pour se prémunir d’éventuelles surprises, le Secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT), Miloudi Moukhariq, a rappelé que deux grandes questions doivent être clairement définies dans le rapport des commissions installées à cet effet: La revalorisation des salaires et le droit de grève.

Sans éclaircissements convaincants sur ces deux pierres angulaires du dialogue, a tenu à préciser M. Moukhariq, tout accord éventuel serait atrophié, donc nul et non avenu.

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