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Un financement de plus pour une cité toujours anarchique

La Banque mondiale accorde 2 milliards de dirhams au Conseil de la ville de Casablanca

Un financement de plus alors que la métropole économique continue toujours de sombrer dans l’anarchie et le désordre.

Encore de l’argent frais pour la ville de Casablanca. La Banque mondiale vient, en effet, de lui octroyer un prêt de 202 millions de dollars, soit l’équivalent d’un peu moins de 2 milliards de dirhams. Pour Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb, «cet argent vise en premier lieu à soutenir le développement de la ville de Casablanca». Elle explique que ce programme permettra de tester un modèle de gestion urbaine qui pourra ensuite être déployé dans d’autres grandes villes du Maroc. Selon des sources au Conseil de la ville de Casablanca, ce prêt s’étale sur 29 ans, avec exemption de paiement de la dette durant les 7 premières années.

Le taux d’intérêt est de 1,2%, qui est vraisemblablement inférieur aux taux proposés par des institutions financières nationales. D’après les mêmes sources, l’ordonnateur est une commission dans laquelle siègent plusieurs personnalités, dont le président du Conseil de la ville, Abdelaziz El Omari, le wali de Casablanca, Abdelkébir Zahoud, et des représentants du ministère de l’Intérieur et du ministère des Finances. Le tout est supervisé par un comité ad hoc mis en place par la banque mondiale.

Infrastructures de base
Au Conseil de la ville de Casablanca, on annonce vouloir consacrer une bonne partie de cet argent à l’amélioration des conditions de vie des populations pauvres en leur construisant les infrastructures de base. Coeur battant de l’économie marocaine, Casablanca concentre près de 12% de la population du pays et contribue à hauteur de 20% au PIB national.

Mais, au delà du fait qu’elle connaît des défis majeurs de gestion urbaine, qui justifient ce soutien à la modernisation du modèle de gouvernance municipale, la métropole économique croule sous des problèmes monstrueux qui rendent la vie infernale aux habitants. Pollution galopante, circulation difficile, transport en commun défaillant et absence totale d’espace verts, les Casablancais mènent une vie étouffante, insupportable et désagréable. Plus de trois ans après la signature d’un ambitieux plan de développement de la métropole, qui s’étale entre 2015 et 2020, pour une enveloppe considérable de 33 milliards de dirhams, la situation à Casablanca ne s’est pas du tout améliorée. Pis, elle a même empiré. Les quelques chantiers, lancés il y a de cela plusieurs années, continuent de provoquer beaucoup de désagréments aux automobilistes et aux piétons.

Une situation invivable attribuée en grande partie aux retards dans l’exécution et la finalisation de ces projets. Véritable talon d’Achille de la ville, le transport en commun sombre dans l’anarchie totale. Malgré un projet de renouvellement du parc des taxis (petits et grands), lancé par le gouvernement, les vieilles Mercedes 240 continuent toujours de circuler. Concernant les bus, ils sont assimilés à des tombeaux sur roulettes. Les Casablancais espèrent que la deuxième ligne de tramway et le lancement d’un programme d’achat de nouveaux bus permettront d’alléger leur calvaire. Un axe qui fait aussi partie des priorités imposées par la Banque mondiale au Conseil de la ville.

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