Dépêche
Accueil » Société » Fin des contrats de travail pour les domestiques marocaines en Arabie saoudite

Fin des contrats de travail pour les domestiques marocaines en Arabie saoudite

Photo : DR

Photo : DR

EXPLOITATION. A partir du 7 décembre 2015, les autorités marocaines ne valideront plus les contrats de travail des employées de maison marocaines désirant travailler en Arabie saoudite.

Elles sont pauvres,  généralement à la charge  d’une famille et rêvent  d’une vie meilleure pour  elles et pour les leurs. Aux yeux  de beaucoup de femmes, partir  travailler en Arabie saoudite ou  autre pays du Golfe constituerait  la solution à leur misère. Pensant  que l’argent se ramasse à la pelle  dans les pays du pétrodollar, elles  nourrissent l’espoir d’y trouver  accueil convenable et générosité.  Au final, s’exiler pour gagner entre  1.500 et 1.800 rials (soit 4.000 à 4.500  dirhams) s’avère une chimère qui  transforme, dans la plupart des cas,  leurs rêves en cauchemars.

Victimes de mauvais traitements,  d’abus sexuels et de violence  psychologique, les employées de  maison marocaines se retrouvent,  sans défense, face à des employeurs  qui se croient au-dessus de la loi et  à des autorités consulaires qui sont  aux abonnés absents. En moins d’un  mois, plusieurs affaires d’employées  de maisons marocaines travaillant en  Arabie saoudite ont été médiatisées  à travers des vidéos dans lesquelles  ces femmes dévoilent leurs calvaires  et lancent des appels de détresse à  qui veut les entendre.

Esclavage d’un autre temps
Au Maroc, l’omerta sur cet  esclavage d’un autre temps dure  depuis un long moment. Ce n’est  que récemment que le ministère  des Affaires étrangères a réagi en  publiant un communiqué dans  lequel il souligne qu’il a été décidé, à  partir du 7 décembre 2015, d’arrêter  de valider les documents requis  pour rédiger des contrats dans le  domaine du travail domestique des citoyennes marocaines. Une  solution radicale pour le Maroc de  protéger ses ressortissantes contre  les abus des employeurs de l’Arabie  saoudite, où la culture des droits de  l’Homme fait défaut. Les multiples  témoignages des domestiques  marocaines séquestrées dans les  maisons de leurs employeurs ou  carrément emprisonnées dans les  geôles du royaume sont poignants.  Surexploitées et non rémunérées,  elles ne demandent qu’à rentrer  dans leurs pays.

Depuis l’interdiction, en 2010,  par l’Indonésie de l’envoi  de ses citoyennes en Arabie  saoudite pour y travailler comme  domestiques, les Saoudiens se  sont rabattus sur le Maroc pour  y recruter leurs domestiques.  Face à cet engouement, les  autorités saoudiennes ont tenté  de réglementer cette filière en  autorisant uniquement les familles  saoudiennes nombreuses et  répondant à certaines conditions  à recruter des domestiques  marocaines.

Néanmoins, un autre problème  est venu aggraver leur situation.  Affublées de la réputation dégradante  de «voleuses d’hommes», les  domestiques marocaines ont fait  l’objet de restrictions imposées par  les employeuses saoudiennes qui  exigent qu’elles soient âgées de  plus de 45 ans. En 2012, selon des  sources officielles saoudiennes, 600  Marocaines se sont mariées à des  Saoudiens.

Il reste à espérer que la décision du  Maroc d’en finir avec les contrats de  travails des domestiques marocaines  ne permettra pas de faire prospérer  une traite des femmes déjà existante  dans les pays du Golfe

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !