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Festival de la culture Soufie: Des moments de grande émotion

Le 11ème festival de Fès de la Culture Soufie se poursuit jusqu’au 28 octobre 2018 dans une ambiance de spiritualité, pour le grand bonheur des fidèles de cet événement.

L’inauguration de la 11ème édition du Festival de Fès de la Culture Soufie, le 20 octobre 2018, a été marquée par l’hommage rendu aux femmes soufies à travers une création artistique originale, intitulée «Ode aux femmes mystiques», magistralement interprétée par Carole Latifa Ameer, Leili Anvar, Françoise Atlan, Bahaa Ronda, Driss Berrada et l’Ensemble Rhoum El Bakkali Hadra Chefchaounia. Le public a été conquis par ce spectacle qui a sublimé le personnage de Rabiaâ El Adaouiya, figure emblématique du soufisme féminin. La soirée du 20 octobre 2018, l’âme de cette mystique a imprégné l’enceinte de Bab Al Makina et a, sans doute, invité l’assistance à méditer sur l’abnégation et le dévouement de cette femme au parcours singulier, pour son Créateur.

En effet, cette native de Bassora (Irak) en 719, a consacré sa vie à l’amour de Dieu. Mise à rude épreuve à 10 ans, après la perte de son père, puis de sa mère, elle se retrouva seule avec ses trois autres soeurs à lutter pour leur survie. Elle connaitra l’esclavage avant d’être affranchie suite à une anecdote où il est difficile de démêler le mythe de la réalité. On raconte donc qu’une nuit, son maître l’aperçut en pleine prière nocturne, une lampe suspendue au-dessus d’elle entre le sol et le plafond, éclairant la pièce complètement. Bouleversé par le miracle auquel il venait d’assister, son maître lui accorda le lendemain même la liberté.

La quête de l’absolu
Néanmoins, ce qui ne souffrait aucun doute, c’est que cette soufie avait renoncé, dès 14 ans, aux plaisirs de la vie pour dédier son existence à l’adoration de Dieu. Elle a décidé de vivre seule dans le recueillement en rejetant les multiples demandes de ses prétendants. Dans son coeur, il n’y avait de place que pour Dieu. D’après l’Encyclopédie des sciences islamiques: «Elle fut la première soufie à proclamer l’Amour absolu, l’amour qui n’est entravé par aucune passion autre que l’Amour de Dieu. Elle fut enfin la première soufie à poser l’Amour comme source d’inspiration et d’illumination ».

A travers l’hommage rendu à cette femme qui incarne les valeurs soufies, le festival de Fès de la Culture soufie qui a opté cette année pour le thème «Présence du soufisme», ambitionne de faire découvrir ou redécouvrir aux Marocains une culture qui est la leur et leur offrir l’accès à cette richesse artistique, intellectuelle et spirituelle. Une richesse que le programme du festival décline sous différents aspects. Chant spirituels et des tariqas, samaâ, poésie, conférences et performance artistique ponctuent, jusqu’au 28 octobre 2018, les journées et les soirées du festival. Toutes ces activités tendent à ouvrir le dialogue sur la portée et sur l’importance de la spiritualité dans la vie de tous les jours.

Dialogue sur la spiritualité
Le soufisme, cette voie mystique basée sur l’amour, la tolérance et l’acceptation de l’autre devrait, selon les penseurs, nourrir nos valeurs, guider nos actes et orienter nos choix. La «Présence du soufisme» telle qu’elle est exprimée à travers la thématique de cette année est bien réelle et a toute sa place dans notre société. «Nous avons eu l’idée de présenter le soufisme comme un logiciel culturel de civilisations, une matrice culturelle en quelque sorte parce que, très souvent, on a une approche du soufisme parcellaire. On a le chant soufi, la poésie, la pratique soufie, les confréries mais curieusement nous n’avons pas cette perception de ce qui relie tout cela. Nous faisons en sorte que cette perception soit l’appartenance à un patrimoine culturel universel vivant commun à tous», confirme Faouzi Skali, président du festival.

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