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Que faisait Pruitt au Maroc?

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Le patron de l’agence environnementale américaine dans la tourmente

L’administrateur de l’agence environnementale américaine est accusé d’être venu en missi dominici des lobbys gaziers au Maroc en décembre 2017.

L’administrateur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) américaine, Scott Pruitt, est dans la tourmente depuis plusieurs semaines en raison du mode de vie princier qu’on lui prête depuis son entrée en fonction le 17 février 2017. Lui sont notamment reprochés des dépenses de l’ordre de 105.000 dollars en billets d’avion de première classe ou d’avoir accordé des hausses de salaires substantielles à certains de ses collaborateurs, le tout aux frais du contribuable.

Mais ce qui pourrait vraiment lui coûter son poste à en croire les rumeurs insistantes dans ce sens dans la capitale fédérale américaine Washington, c’est sa présumée collusion avec les lobbys gaziers et pétroliers, dont il défendrait les intérêts en usant de son pouvoir à la tête de l’EPA. Selon la presse américaine, M. Pruitt aurait pour cinquante dollars la nuit seulement loué une luxueuse copropriété appartenant à Vicky Hart, femme de J. Steven Hart, patron de la firme de lobbying Williams & Jensen qui compte notamment parmi ses clients Cheniere Energy, plus grande compagnie des États-Unis dans le domaine de la production de gaz naturel liquéfié (GNL). En échange, le patron de l’EPA aurait fait l’entremetteur au profit de Cheniere Energy, et notamment au Maroc. En effet, le voyage effectué en décembre 2017 par M. Pruitt au Royaume est directement cité dans une lettre adressée le 30 mars 2018 par le sénateur de l’État du Rhode Island, Sheldon Whitehouse, à l’inspecteur général de l’agence concernée en vue de mener une enquête.

L’intéressé avait alors rencontré à Rabat la secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, Mounia Boucetta, le ministre de l’Énergie, Aziz Rabbah, et le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar. Il avait également visité, à Benguérir, la plate-forme internationale de tests, de recherche et de formation en énergie solaire Green Energy Park.

Présumée collusion
«Nous sommes déterminés à travailler en étroite collaboration avec des pays comme le Maroc pour améliorer la gestion de l’environnement dans le monde entier», avait-il confié après coup. Beaucoup avaient à l’époque insisté sur le fait que l’EPA n’avait pas vocation à encourager l’exportation des produits énergétiques américains, mais que ce rôle était plutôt dévolu au département de l’Énergie. Le sénateur de l’État du Delaware, Tom Carper, qui préside la commission de l’environnement et des travaux publics, s’en était d’ailleurs dès alors référé à l’inspecteur général de l’agence, Arthur A. Elkins Jr., en révélant que le voyage de M. Pruitt aurait coûté 40.000 dollars contribuable.

Ce dernier, par la voix de son porte-parole Jahan Wilcox, a complètement nié tout rapport avec les lobbys gaziers. La chargée de communication de Cheniere Energy, Rachel Carmichel, a pour sa part révélé que son agence avait déjà mis fin à son contrat avec Williams & Jensen au moment où M. Pruitt s’était rendu au Maroc. Le président Donald Trump a reçu le concerné ce 6 avril au bureau oval et a qualifié son travail, en conférence de presse, de «bon job». Les jours de M. Pruitt à l’EPA sont cependant toujours comptés.

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