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Les exportateurs handicapés par le déficit en financement

Miriem Bensalah Chaqroun.

Des freins qui restent à lever

Baisse des taux d’intérêt ou pas, les entreprises sont de moins en moins servies par le crédit bancaire.

L’idée selon laquelle les banques servent à financer les entreprises ne se vérifie pas à tous les coups. Certaines entreprises ont de plus en plus de mal à obtenir les crédits qui leur serviraient à financer leurs projets et à créer des emplois. Celles qui investissent ou qui orientent leur production à l’export, notamment en Afrique, se trouvent handicapées par un déficit en financement. De même, sur un plan plus général, quand certaines des entreprises appartenant à des secteurs particuliers de l’économie marocaine se tournent vers les banques, leur financement devient encore plus problématique.

En effet, selon une étude récente du cabinet Mazars et financée par BMCE Bank of Africa et réalisée auprès de 200 entreprises (start-ups, PME, TPE et grandes entreprises), 60% d’entre elles ont mis en relief leurs difficultés à accéder au financement. Selon cette étude, qui concerne des entreprises qui sont dans une dynamique de développement en Afrique ou qui ont l’intention d’y investir, les besoins de financement se répartissent entre 21,7% des entreprises qui ont un besoin estimé entre 500.000 et 1 million de dirhams, essentiellement pour les opérations de prospection et de marketing, et 17,7%, soit moins d’une entreprise sur cinq, ont des besoins allant de 10 à 30 millions de dirhams.

Des secteurs boudés par les banques
Au vu de ces difficultés à accéder au crédit bancaire, plus de la moitié des entreprises se rabattent sur l’autofinancement et moins d’un tiers optent pour le capital investissement. Type de financement auquel recourent plus particulièrement les start-ups, évoluant généralement dans les nouvelles technologies. De tels secteurs ne rentrent simplement pas dans le périmètre du métier bancaire.

Ainsi, la difficulté de financement -l’un des obstacles le plus en vue mis récemment en index par le rapport Doing Business de la Banque mondiale- est devenue un mal pris en patience par les opérateurs économiques depuis longtemps, surtout quand il touche des branches d’activité plus que d’autres. A l’instar des technologies de l’information, des secteurs aussi importants que le tourisme, l’exploration minière, l’énergie et énergies renouvelables, le BTP, l’agro-industrie et les services aux entreprises, sont souvent boudés par les banques. Ne voulant pas courir de grands risques, les banques s’engagent moins aussi bien sur des secteurs où les risques sont élevés, ou qui traversent des périodes de crise, comme le BTP ou l’immobilier. Les banques prennent aussi beaucoup de précautions face à des dossiers peu viables, notamment ceux concernant des projets dont la rentabilité à moyen et long termes est incertaine ou dont la gouvernance laisse à désirer.

Ainsi, ce n’est pas du jour au lendemain que les difficultés d’accès au crédit aux entreprises vont disparaître, ne serait-ce que du fait que les établissements de crédit ne peuvent pas tout financer. C’est pour cette raison que la confédération patronale que dirige Miriem Bensalah-Chaqroun,, nous dit, Leila Channawi Tahiri, présidente de la Commission financière de la CGEM, fait tout pour pousser à l’établissement de conventions sectorielles pour faire coïncider offre bancaire et demande des opérateurs.

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