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Engrais qualifiés de non-conformes: OCP Kenya dénonce des accusations infondées

Le samedi 23 juin 2018, le ministère kényan de l’Intérieur annonce que des poursuites vont être engagées contre le bureau OCP kényan et ses trois administrateurs à propos de l’importation d’engrais qualifiés de non-conformes à la réglementation locale. Des éléments de santé sont invoqués sans que des indications pertinentes et précises soient données. Il y a là, il faut bien le dire, matière à interrogation et même à suspicion quant à la prise de positon d’un département ministériel kényan. D’abord, ceci : pourquoi le ministère compétent, en l’occurrence celui de la Justice, n’a pas communiqué à ce sujet ? Les informations que l’on a pu recueillir sur cette “affaire” arrivent toutes à cette conclusion : Il s’agit d’une machination préparée localement, il y a bien des tiraillements entre le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice–président William Rute ; une cuisine interne posant un problème de gouvernance et de pouvoir de décision. Au dehors, il faut poser cette question simple : A qui profite le crime ? Il faut bien le dire tant bien des éléments sont probants et permettent d’y voir la main d’un pays “frère”, dit –il, l’Arabie saoudite à travers son groupe Saudi Arabian Mining plus connu sous la marque Ma’adan. Il veut être le numéro 3 des phosphates dans le monde et il a lancé dans ce sens un vaste programme d’investissement de 7 milliards de dollars pour arriver à la fin 2019 à 6 millions de tonnes par an, 3 millions de tonnes d’engrais phosphatés et 440 000 tonnes d’acide phosphorique. Stratégiquement, il vise des marchés d’Asie et d’Asie du Sud-est, le Brésil mais aussi les pays de l’Afrique de l’Est. Une région où le Maroc est en tain de s’implanter et d’affirmer son leadership. D’où, aujourd’hui, le ciblage des engrais d’OCP kényan.

Aux yeux des initiateurs de cette opération, l’agenda diplomatique continental a été jugé favorable. Les relations entre Rabat et Riyad ne sont plus au beau fixe ces dernières semaines avec la “trahison” saoudienne lors de la désignation de l’hôte du Mondial 2026. Des milliers de Marocains sont sur les listes des expulsions d’“irréguliers” décidées par ce même pays. Il faut y ajouter deux faits liés à diplomatie la marocaine et la défense du Sahara récupéré, à savoir la visite dans le Royaume et dans la région de Horst Köhler, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que le 31ème sommet de l’UA, à Nouakchott, du 25 juin au 2 juillet 2018.

Les importateurs de phosphates saoudiens et autres s’estiment lésés par les achats de phosphates marocains et meilleure qualité et à des prix également compétitifs. Ils seraient liés au vice-président du Kénya, William Rute… D’où les facilités obtenues pour engager une action de justice contre OCP Kénya.

Dans un communiqué en date du 23 juin, OCP Kénya invoque à juste titre des “dénonciations opportunistes’’. Référence est ainsi faite à l’instrumentalisation par suite d’un calendrier diplomatique particulier mais aussi commerciale parce que lié à des intérêts de concurrents sur le marché – un concurrent en particulier, saoudien… Le même texte qualifie d’“infondées“ ces mêmes dénonciations. La cargaison de phosphates qui est arrivée au Kénya, le 23 janvier 2018, a fait l’objet de toutes les analyses requises. Ce minerai a été l’objet d’examens approfondis par des cabinets spécialisés, indépendants, de renom international (SGS, Bureau Veritas, CROPNUTS). Les résultats sont rejetés par l’administration kényane.

La cargaison de phosphates fait l’objet d’une analyse par une société locale désigné par l’administration de Nairobi. Le rapport est recevable par celle-ci mais elle le considère comme étant incomplet. Une deuxième expertise est alors demandée à une autre société locale saisie à son tour par la même administration : elle valide la commercialisation sur le marché. Mais voilà que le bureau spécialisé qui a mené cette expertise est pris à partie par les autorités qui décident de lancer une procédure judiciaire contre ses responsables sans bien préciser les motifs de la procédure. Ils ont été placés en garde à vue depuis dimanche 24 juin et ils ont été présentés au procureur le lendemain. L’affaire aura-t-elle des prolongements dans les jours qui viennent ?
En l’état, que faut-il tirer comme premières conclusions ? Que les engrais d’OCP Kénya se distinguent, comme d’ailleurs en Ethiopie, en Tanzanie et ailleurs, par leurs qualités : une adéquation aux spécificités des sols et des cultures du territoire ; une amélioration des rendements agricoles, enfin une compétitivité des exploitations. Le succès en Ethiopie des engrais customisés, moins chers et de fort rendement, ont ainsi bénéficié aux agriculteurs et pas aux intermédiaires comme l’a recommandé et pratiqué l’OCP dans sa politique commerciale.

Au Kenya, aujourd’hui, ce sont des intérêts qui sont touchés. Il s’agit d’intermédiaires, bénéficiant de licences d’importation d’Arabie Saoudite et d’ailleurs, ils se trouvent menacés par la place que prend le groupe OCP dans le marché local avec des produits étudiés, accroissant la productivité de l’exploitation des terres et améliorant fortement les revenus des exploitants. C’est un système de rente qui est ainsi fortement ébranlé. Et il a trouvé dans la conjoncture diplomatique africaine actuelle une occasion de nuisance dont les motifs sont strictement mercantiles. Des concurrents ont ainsi actionné des importateurs locaux.

S’en prendre à la prétendue non-conformité des engrais d’OCP Kenya ne peut tromper personne et justice sera rendue -il le faut bien… Les masques vont tomber, les intérêts mis à nu, les menées des “drivers“ aussi. Le groupe OCP se déploie sur la base de pratiques commerciales saines et d’une politique de la qualité d’une rigueur et d’une exigence particulières. C’est un label. Une marque. Avec une crédibilité internationale reconnue.

Les importateurs de phosphates saoudien et autres s’estiment lésés par les achats de phosphates marocains de meilleure qualité et à des prix également compétitifs. Ils seraient liés au vice-président du Kénya, William Rute … D’où les « facilités » obtenues pour engager une action de justice conte OCP Kénya.

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