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Engouement populaire pour les Lions de l’Atlas

LE MAROC EN FÊTE

De Rabat à New York, en passant par Paris, Bruxelles et Dubai, les Marocains ont dûment célébré la qualification de la sélection nationale à la Coupe du monde “Russie 2018“.

Il est déjà minuit passé depuis belle lurette et même très belle lurette ce samedi 11 novembre 2017. Et pourtant, les alentours de l’aéroport de Rabat-Salé, à l’orée de la ville de Salé, ne désemplissent pas. Bien plus même, chaque seconde semble amener avec elle son lot de monde, au point où on se demande si un espace pourtant si grand suffira à l’abriter.

Heureusement, la police veille au grain pour tout mettre en ordre, et tout au long de la soirée, elle ne sera jamais dépassée, pas même lorsque la sélection nationale de football se présentera (enfin) face à ses fans. Car vous l’aurez compris: ce sont leurs joueurs que ces milliers de Marocains sont venus accueillir de Salé, Rabat, Casablanca et même, Tanger, à l’extrême nord du pays.

Liesse générale
La joie de voir votre pays se qualifier pour sa première Coupe du monde depuis 20 ans suffit donc à vous faire parcourir plus de 250km en moins de deux heures! Certains -3.500 personnes, sans compter la diaspora marocaine-, en prévision, se sont même rendus jusqu’à Abidjan pour soutenir les Lions face à la sélection ivoirienne, pour un aller-retour accompli le jour même. La Royal air Maroc (RAM), qui s’est après coup fait remarquer par un clin d’oeil à l’envers du ministre des Affaires étrangères algérien (lire ci-contre), a, pour ce faire, affrété quelque vingt avions, dont dix-huit à titre spécial.

La Fédération royale marocaine de football (FRMF) s’est, pour sa part, occupée d’approvisionner les supporters marocains en billets, sachant que sa vis-à-vis ivoirienne envisageait de ne lui en laisser que très peu (le Comité national de soutien aux Eléphants (CNSE) avait avancé, le 26 octobre, le chiffre de 201, en réaction au nombre de places qui avaient été allouées un an auparavant aux supporters ivoiriens, seulement 200).

Tout le monde en aura, en tout cas, eu pour ses frais: la sélection nationale a rien de moins joué qu’un des meilleurs matches de son histoire, avec un abattage et un engagement sur le terrain jamais vus depuis plusieurs années. «De vrais guerriers,» commenteront, unanimes, plusieurs médias nationaux. Le résultat a heureusement été au rendez- vous, les Marocains ont sans doute été pleinement satisfaits de la performance de leur équipe. Même Hervé Renard, qui en a pourtant déjà eu plein les yeux au cours de sa carrière, s’est dit «surpris».

«C’était tout simplement exceptionnel, » a-t-il déclaré à la fin du match, au bord des larmes. Les pleurs (de joie, bien sûr), ils étaient également au rendez- vous chez les autres supporters qui n’ont pu se rendre à Abidjan et qui ont, dès le coup de sifflet final, commencé à envahir les rues du pays (sans doute l’une des plus grandes manifestations du genre de mémoire de Marocain). Scènes impressionnantes de liesse qu’on a ainsi enregistrées à Rabat, Casablanca, Marrakech, Fès, Tanger, Agadir, Meknès et autres Essaouira, Tétouan, Oujda, etc.

Couleurs nationales
Et même à Paris, en plein Champs-Elysées, à Bruxelles sur la place de la Bourse et dans d’autres villes d’Europe et jusqu’en Amérique du Nord, de l’autre côté de l’Atlantique, là où on comptait deux Marocains et plus c’est sorti pour dûment fêter la qualification. Au Golfe, où il se faisait plus tard qu’au Maroc, on a également suivi le match, et notamment à Dubaï, où le roi Mohammed VI se trouvait en déplacement officiel. Le Souverain a d’ailleurs, dès lors que l’arbitre gambien Bakary Gassama -qui, au passage, avait dirigé une semaine plus tôt la rencontre Wydad-Al Ahly à Casablanca- a sifflé la fin de la rencontre, appelé Renard et le capitaine Medhi Benatia pour les féliciter de leur prestation. «J’ai suivi avec joie et fierté la qualification de la sélection nationale marocaine de football à la phase finale de la Coupe du monde 2018 qu’abritera la Fédération de Russie,» leur a-t-il notamment témoigné, rapporte le Cabinet royal.

A son retour du Qatar, où il s’est rendu après les Émirats arabes unis, il se dit qu’il pourrait les recevoir, comme c’était le cas avec leurs glorieux prédécesseurs finalistes de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de 2004 en Tunisie. Pour fêter la qualification (et celle par ailleurs de la Tunisie le même jour), les autorités dubaïotes ont, pour l’anecdote, projeté les couleurs nationales sur la tour Burj Khalifa, la plus haute du monde (829m).

D’autres régions du monde arabe s’en sont également donné à coeur joie, sachant d’autant plus que c’est la première fois de l’histoire que quatre nations partageant la langue du Coran seront en même temps présentes dans la reine des compétitions footballistiques (avec donc, en plus du Maroc et de la Tunisie, l’Arabie saoudite et l’Egypte). Plus près de nous au Maghreb, les peuples mauritaniens, algériens et libyens, dont les sélections ne se sont pas qualifiées pour le mondial, ont également partagé notre joie, comme nous mêmes avions soutenu l’Algérie lors de ses participations aux deux dernières éditions.

Réactions à profusion
Démentant par là même l’image d’hostilité réciproque que les politiques de la région veulent enraciner de part et d’autre. Sur les réseaux sociaux, les réactions ont, comme à l’habitude, fusé à profusion. Notamment des stars internationales d’origine marocaine, à l’instar de Jamal Debbouze ou encore Gad Elmaleh, qui s’est dit les «larmes aux yeux» sur Twitter. Mais certaines y sont allées plus loin, à commencer par Samira Saïd, qui a choisi de signer son retour sur la scène musicale par une chanson en l’honneur des Lions, et ce dès la veille de la rencontre face à la Côte d’Ivoire, «Allez Lemgharba» («Allez les Marocains»).

Asmae Lamnawar, autre diva de notre chanson nationale, l’a suivie deux jours plus tard par son «Ha hna jina» («Nous voici arrivés»). En règle générale, la fête s’est déroulée dans une ambiance chaleureuse et bon enfant, «à la marocaine» dirions-nous presque, si l’on excepte les heurts à Bruxelles (magasins saccagés, voiture brûlée), mais ceux-ci ne sont en rien représentatifs du comportement général, qui est demeuré très correct malgré l’improvisation.

La tête ailleurs
En France, certains politiques de droite voire d’extrême droite, n’ont pas vraiment vu d’un bon oeil que les Marocains du pays, dont les binationaux, affichent avec autant de force leur attachement à leurs couleurs, en sortant notamment le drapeau national au lieu où repose le fameux soldat inconnu. «Dehors,» réagira même le porte-parole du Front national (FN), Julien Sanchez. Mais pour leur part, nos compatriotes donnent l’impression d’avoir déjà la tête ailleurs: ils semblent plus occupés par l’apprentissage de la langue de Dostoïevski, histoire paraît-il d’être prêt à décocher du «lioubliou» («je t’aime», en russe) à leurs plantureuses vis-à-vis de l’Oural, nouveau sujet de discussion favori de nos fils d’actualité…

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